Les rues de Mercier

Nous verrons dans cette section la toponymie des rues de Mercier. Nous commencerons par les rues nord-sud qui portent des noms relatifs à des personnages du quartier. Le nom des rues est-ouest n’est souvent que le prolongement des rues de la ville de Montréal avant l’annexion de Longue-Pointe en 1910.

Chroniqueur: André Cousineau

Alexis-Contant (avenue)

Date de désignation : 12 décembre 1962

Ancien nom : aucun

Tracé : de la rue Langelier à de Carignan dans le secteur Louis-Riel

L’avenue Alexis-Contant fait partie d’un ensemble de plusieurs rues honorant la mémoire de compositeurs québécois. Alexis Contant (1858-1918), né de parents musiciens, sera très tôt élève de Calixa Lavallée, puis de Guillaume Couture. Son père ayant refusé qu’il étudie à Paris, il apprend le métier de compositeur en étudiant entre autres les œuvres de Bach, Mozart, Wagner et Jules Massenet.

En 1885, il devient le titulaire de l’orgue de l’église Saint-Jean-Baptiste de Montréal, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Il occupera également le poste de professeur dans plusieurs établissements d’enseignement. Dans les années 1880, il travaille au Collège de Montréal. De 1900 à 1918, il enseigne au Collège du Mont-Saint-Louis, et parallèlement au Conservatoire national de Montréal de 1905 à 1917.

Alexis Contant a été très actif également comme compositeur : on lui doit plusieurs œuvres de musique de chambre comme son célèbre Trio pour piano, violon et violoncelle (1907), de la musique sacrée (plusieurs messes et surtout son oratorio «Caïn» dont la première eut lieu à Montréal le 12 novembre 1905). À l’époque, l’œuvre la plus jouée de Contant ici et en Europe est cependant «La Lyre enchantée» pour piano.

Son œuvre fut éditée en France et au Canada, notamment par A.J. Boucher, qui posséda une villa pendant quelques années à Longue Pointe.

Il existe des liens entre Alexis Contant et l’arrondissement. Dans les années 1880, il enseigna au Couvent Hochelaga. Le principal lien est que son oratorio «Caïn» fit partie du concert inaugural de la toute nouvelle église de Très-Saint-Nom-de-Jésus, le 3 décembre 1906. Un chœur de 250 membres, sous la direction de J.J. Goulet, interpréta l’œuvre avec comme solistes MM. Saucier, Lebel et Duquette, respectivement dans les rôles d’Adam, Abel et Caïn. Les journaux d’époque affirmèrent que 2 000 personnes assistèrent à ce concert historique.

Arthur-Buies (rue); Place

Date de désignation : 30 septembre 1966 pour la rue et 22 avril 1959 pour la place

Ancien nom : aucun

Tracé : de la rue Saint-Donat jusqu’à Liébert; de l’autre côté de Liébert la rue devient place jusqu’à ce qu’elle revienne vers la rue Sabatier

Origine : le personnage incarné par Paul Doucet dans la nouvelle version des Belles histoires des pays d’En Haut (1916) et par Paul Dupuis dans la première version télévisée (1956-1970) a réellement existé. Arthur Buies (1840-1901) est un journaliste et écrivain canadien-français. Il est né d’une mère canadienne-française et d’un père écossais. Élève indiscipliné, il est renvoyé du Séminaire de Québec et du Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Son père l’envoie étudier en Irlande en 1856. Il s’enfuit bientôt à Paris et s’initie à l’idéologie libérale, républicaine et anti-cléricaliste.

En 1860, il participe à l’expédition des Milles de Garibaldi pour libérer l’Italie des Autrichiens, des Bourbons et des forces pontificales. Il revient à Montréal en 1862.

Son idéal l’amène à devenir membre de l’Institut canadien, fer de lance des forces anticléricales et partisanes de la séparation de l’Église et de l’État. Il s’oppose vigoureusement à Mgr Bourget et au projet de Confédération de 1867. Il lance un journal satirique, La Lanterne canadienne, qui connaîtra une brève existence de 1868 à 1869. Dans les années 1870, il publie de nombreuses chroniques démontrant un sens aigu de l’observation sur la société d’alors. En 1879, il fait la rencontre du curé Antoine Labelle, grâce à qui il sera nommé au département des Terres de la Couronne qui deviendra plus tard le ministère de l’Agriculture et de la Colonisation. Il visite plusieurs régions du Québec et publie de nombreux opuscules pour le gouvernement sur les Laurentides, les comtés de Rimouski et Matane, le Saguenay et le Lac-St-Jean. Les années 1890 sont synonymes de soucis financiers et de deuils lorsque deux de ses enfants meurent.

Arthur Buies meurt à Québec en janvier 1901 et repose au cimetière de Sainte-Foy.

Beauclerk (avenue)

Date de désignation : 1912

Autre nom : aucun

Tracé : de Notre-Dame jusqu’au nord d’Ontario; reprend à Hochelaga jusqu’à Sherbrooke

Origine : Henry Windham Beauclerk (1870-v.1937) est le directeur-gérant de la Montreal City Land Company, compagnie fondée en mars 1911 avec un capital de 1 250 000$ et qui s’occupe de la vente des terrains de la Subdivision Connaught, nom donné au territoire formé des lots #325 à #327, propriété de cette compagnie qui dépose un plan de lotissement en 1912. Beauclerk est également à ce moment trésorier de la National Bridge installée tout près. La Montreal City Land demande une traverse de chemin de fer à la ville de Montréal en mars 1914 et cède les rues de la Subdivision Connaught à la ville en 1918.

de Beaurivage (rue)

Date de désignation : 23 novembre 1950

Ancien nom : Carillon, Omer

Tracé : de Notre-Dame jusqu’à Dubuisson et d’Hochelaga jusqu’à Gustave-Bleau

Origine : à la fin des années 1890, Omer Dufresne est propriétaire du lot #394 du cadastre de Longue-Pointe. Il a hérité de cette terre de son père Cyrille. Une première partie du lot est subdivisée le 17 octobre 1899, puis une deuxième, le 16 janvier 1907. Ce n’est que la partie au sud de l’emprise ferroviaire de la Châteauguay-Nord qui est lotie. Deux rues sont alors tracées : les rues Éliza et Omer.

En 1899-1900, il est inscrit comme fermier habitant sur la rue Notre-Dame dans le Lovell. Voulant tirer profit du lotissement de ces terres, il devient courtier immobilier puis propriétaire de la Dufresne Park ou Compagnie des terrains Dufresne (Lovell de 1915-1916). Comme plusieurs propriétaires voulant laisser leurs traces dans la toponymie, il nomme une première rue Éliza du prénom de sa femme, l’autre portant son prénom.

En 1950, la ville de Montréal donne à la rue Omer le nouveau nom de Beaurivage pour rappeler l’ancienne municipalité de Beaurivage de la Longue-Pointe qui exista de 1898 à 1910 avant d’être annexée à Montréal. Rappelons que la terre d’Omer Dufresne constituait la limite est de l’ancienne municipalité.

Bilaudeau (avenue)

Date de désignation : 1909

Autre nom : aucun

Tracé : de la rue Bellerive jusqu’à Sherbrooke

Origine : Pierre David Bilaudeau (v.1855-1933) est originaire de St-Paul d’Abbotsford. Lors de son mariage en 1905 à Montréal, il est gérant d’une compagnie de prêt. En 1909, il est associé dans une agence d’immeubles, Bilaudeau & Théorêt, dont les bureaux sont sur la rue Notre-Dame. Vers 1910, il se porte acquéreur de la terre #407 appartenant à James Fletcher. Il y fait tracer trois rues nord-sud : la rue Dupont et les avenues Fletcher et Bilaudeau. On trouve son nom dans de nombreux actes de vente durant cette période. Il est également imprimeur et éditeur de magazines comme Je vois tout et Le Magazine canadien. On le dit en difficultés financières en juin 1912. Peut-être doit-il vendre sa terre puisque, dans une publicité d’octobre 1912, la personne à contacter est J.H. Langevin, épicier de la rue Marie-Anne. Dans les années suivantes, on le dit uniquement imprimeur.

De la Bruère (avenue); Parc

Date de désignation : 22 avril 1959 pour l’avenue et 12 janvier 1967 pour le parc

Ancien nom : aucun

Origine : René-Charles Montarville Boucher de la Bruère (1867-1943) a été journaliste et directeur des Archives du Canada à Montréal.

Fils d’un avocat célèbre et Surintendant de l’Instruction publique (rappelons que les conservateurs vont abolir le ministère de l’Éducation en 1875 et qu’il ne sera rétabli qu’en 1964), il étudie en droit, mais s’intéresse très tôt au journalisme. Il travaille d’abord au Courrier de Saint-Hyacinthe de 1895 à 1902, puis à La Presse et à La Patrie. En 1910, lors de la fondation du journal Le Devoir, il devient le premier chef des nouvelles. L’année suivante, on lui offre le poste de directeur des Archives du Canada à Montréal qu’il conserva jusqu’à sa retraite en 1938.

Il fait partie des fondateurs de La Société des Dix en 1935. Cette société publie depuis lors Les Cahiers des Dix, revue dont le sous-titre est «Explorer la mémoire et l’histoire».

Le Parc De La Bruère est limité par les avenues De La Bruère et Dubuisson et les rues Liébert et Tellier.

Il existe également une école Boucher De La Bruère qui se trouve au 7760, rue Lafontaine, entre les rues De Saint-Just et Lepailleur

De Brouage (rue)

Date de désignation : 27 mai 1912

Ancien nom : aucun

Tracé : de l’est de Lebrun jusqu’à Saint-Donat, au sud de l’avenue Dubuisson

Origine : Brouage (Charente-Maritime) est la ville où serait né Samuel de Champlain, entre 1567 et 1574. La ville est fondée en 1555 et aura d’abord une vocation commerciale grâce à ce qu’on surnomme «l’or blanc» : le sel. Elle sera d’ailleurs un lieu d’approvisionnement pour les pêcheurs de morue de Terre-Neuve. Située tout près de la Rochelle, elle aura le malheur d’être prise tour à tour par les catholiques et les protestants durant les guerres de religion. Lors du règne de Louis XIII, elle est finalement intégrée au royaume de France.

Clarence-Gagnon (avenue)

Date de désignation : 6 juin 1960

Ancien nom : aucun

Tracé : de Notre-Dame à la rue Lafontaine

Origine : Clarence Gagnon (1881-1942) est un célèbre peintre et aquarelliste québécois. Il refuse de poursuivre dans une carrière dans le commerce tout comme son père et s’inscrit au Conseil des arts et manufactures. Il entre également en 1897 à l’Art Association de Montréal, à une époque où les peintres et les mécènes sont surtout anglophones. Il va côtoyer A.Y. Jackson, futur membre du Groupe des Sept.

En 1902, il se lie d’amitié avec un autre célèbre peintre canadien, Horatio Walker, à qui il rend visite à l’île d’Orléans. Il commence à fréquenter Baie St-Paul. La vente de 17 tableaux en 1903 lui donne l’argent nécessaire pour s’offrir un voyage à Paris.

Dans la Ville-Reine, il fait la rencontre de plusieurs artistes québécois dont Louis-Philippe Hébert, Suzor-Côté et Alfred Laliberté de même qu’un autre futur membre du Groupe des Sept, James Wilson Morrice. Il perfectionne son art de paysagiste et peint des scènes de diverses régions de France de même que des toiles sur des paysages d’Espagne, d’Italie et du Maroc.

À partir de 1908, il va partager son temps entre la France et le Québec, particulièrement la région de Baie St-Paul. Les paysages de Charlevoix deviendront ses sujets de prédilection.

À partir du milieu des années, il peint de moins en moins, mais se consacre à illustrer d’abord une édition de luxe du roman de Louis Hémon, Maria Chapdelaine, une œuvre commandée en 1928 et publiée en 1933. Ces illustrations, principalement des aquarelles, se trouvent à la McMichael Canadian Collection, musée situé à Kleisburg, en banlieue de Toronto. Il illustre aussi Le Grand silence blanc de Louis-Frédéric Rouquette en 1929.

Clarence Gagnon meurt d’un cancer du pancréas en 1942 à l’âge de 60 ans.

Dans sa carrière, Gagnon refusera toujours de suivre les tendances des peintres modernes dont les œuvres sont de plus en plus abstraites. Il reste celui qui a porté l’art du paysage au Québec à sa plus grande expression.

Curatteau (rue)

Date de désignation : 12 juillet 1915

Anciens noms : Saint-Joseph, Charlemagne, Jean-Berger le 4 novembre 1914

Tracé : de la rue Lecourt jusqu’à la rue McVey

Origine : cette rue rappelle Jean-Baptiste Curatteau de la Blaiserie (1729-1790), sulpicien, curé de Longue-Pointe et fondateur du Collège de Montréal.

Jean-Baptiste Curatteau est né à Nantes le 12 juin 1729. En 1754, il reçoit les ordres mineurs à Saint-Sulpice de Paris puis s’embarque pour la Nouvelle-France le 13 mai de cette année. Il est ordonné prêtre en 1757. Il travaille au ministère de Montréal et enseigne aux petites écoles entretenues par le séminaire de Saint-Sulpice. En mars 1764, il devient curé de Sainte-Trinité de Contrecoeur dans un climat de conflit ente les paroissiens des seigneuries de Contecoeur et de Saint-Ours au sujet de la construction du presbytère. À sa demande, il quitte cette paroisse en septembre 1765 puis, le 6 novembre suivant, est nommé curé de Saint-François d’Assise. Dès 1766, il agrandit le presbytère d’une aile de 23 pieds par 28,5 pieds (7 m x 6,8 m) sur deux étages et en 1767 ouvre ce qui sera à l’origine du Collège de Montréal. Le bâtiment du collège fait face au fleuve. L’annexe sera bientôt nommée Collège ou Petit Séminaire. Après deux ans, il a déjà deux régents et 31 pensionnaires dont 16 ont débuté l’étude du latin. Le gouverneur Guy Carleton visitera même l’établissement en 1770. On connait le nom de certains des élèves : Jean-Guillaume Delisle qui deviendra notaires à Montréal, E. Vidricaire dit St-Hilaire, plus tard capitaine de milice de Longue-Pointe, et Joseph Vigneau, marchand de Boucherville.

L’inconvénient majeur du collège est qu’il est trop éloigné de Montréal. Le 26 juillet 1773, la fabrique de Notre-Dame achète l’ancien château de Vaudreuil, situé dans l’actuelle Place-Jacques-Cartier et décide d’y transporter l’établissement de Longue-Pointe. On offre au curé Curatteau d’en devenir le directeur. Il occupera ce poste jusqu’au 30 septembre 1788, moment où il offre sa démission devant une santé déclinante.

Après le départ du curé Curatteau, le rez-de-chaussée servit de salle publique aux paroissiens et d’école aux garçons tandis que le curé pourra bénéficier de l’étage supérieur. Ce bâtiment fut démoli en 1866. Mgr Georges LePailleur, curé de Saint-François de 1915 à 1921, érigea une statue du Sacré-Cœur dans le jardin et en 1924, l’Association des anciens élèves du Collège y plaça un monument commémoratif. Il est évident que tout cela disparut lors de la construction du pont-tunnel en 1964.

Le collège de Longue-Pointe devient le Collège Saint-Raphaël, détruit par un incendie en 1803. En 1806, on prolonge le Séminaire de Saint-Sulpice pour en faire le Petit séminaire. C’est dans cet établissement qu’étudieront Georges-Étienne Cartier, Louis-Hyppolite Lafontaine et Louis Riel. Cet établissement servira à l’éducation jusqu’à ce qu’il soit réquisitionné par l’armée en 1861. On construisit donc le nouveau collège tout près du Grand Séminaire sur la rue Sherbrooke. Inauguré en 1870 et encore présent dans le paysage, le Collège de Montréal est une des meilleures institutions privées de Montréal.

De Bruxelles (rue)

Date de désignation : inconnue; sûrement vers 1914 alors qu’elle apparaît dans le Lovell’s; aucune adresse à ce moment

Ancien nom : aucun

Tracé : de Notre-Dame jusqu’à Dubuisson; reprend à Hochelaga jusqu’à de Marseille

Origne : rappelle la ville de Bruxelles (Brussel en flamand), capitale de la Belgique et siège de nombreuses institutions et organisations internationales comme le Parlement européen et l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) dont fait partie le Canada.

De Contrecoeur (rue)

Désignation : 3 juin 1912

Ancien nom : rue Vinet

Tracé : de Bellerive à Sherbrooke

Origine : Claude-Pierre Pécaudy, sieur de Contrecoeur est un officier canadien (1706-1775) qui embrasse une carrière militaire dans les troupes du Roi. Il sera commandant du fort Niagara en 1752 et du fort Duquesne en 1753. Peu après le début de la guerre de Sept Ans, il prend sa retraite. Il s’occupe désormais de sa seigneurie de St-Denis. Il un des rares officiers qui choisira de rester au Canada après la conquête. En 1775, il sera appelé au Conseil législatif par le gouverneur Carleton, mais mourra peu après.

Cette rue faisait partie de la Terrasse Vinet sur les terres d’Hector Vinet (#408). Après l’annexion, la Commission du nom des rues la rebaptisera De Contrecoeur en 1912.

De Marillac (rue)

Date de désignation : 5 novembre 1952

Tracé : de la rue de Bruxelles à la rue Lepailleur

Origine : le premier curé de Ste-Louise-de-Marillac, Gustave Bleau, insiste pour qu’une rue du Village Champlain soit nommée De Marillac en l’honneur de Louise de Marillac (1591-1662), fondatrice et première supérieure des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul. Cette congrégation va soutenir l’œuvre de l’Aide-aux-Vieux-Couples dans la paroisse dans ce qui deviendra le Foyer Biermans sur la rue Sherbrooke. Cet établissement fait partie depuis 2004 du Centre des services sociaux de la Pointe-de-l’Île.

De Saint-Just (rue)

Date de désignation : 27 mai 1912

Ancien nom : Saint-Georges

Origine : la rue Saint-Georges faisait partie d’un ensemble de rues nord-sud de l’ancien village de Beaurivage de la Longue-Pointe qui exista de 1898 à 1910 pour être annexé à Montréal de même que Tétreaultville et Longue Pointe. Elle reçoit le nom de De Saint-Just en 1912 pour Luc Letellier de Saint-Just (1820-1881), surtout connu comme ayant été le troisième lieutenant-gouverneur du Québec de 1876 à 1879.

Notaire, Luc Letellier de Saint-Just sera pendant quelques mois député de Kamouraska au Canada-Est. Dans les années 1860, il s’oppose au projet de Confédération. En 1867, il est nommé sénateur et devient chef de l’opposition libérale au Sénat. Le parti libéral ayant défait le gouvernement de MacDonald  aux élections de 1873, il devient leader du gouvernement au Sénat. Il est nommé lieutenant-gouverneur du Québec en 1876. Son passage à ce poste sera marqué par ce qu’on appellera le «coup d’État». Le 2 mars 1878, il révoque le gouvernement conservateur élu de Charles-Eugène Boucher de Boucherville et charge le libéral Joly de Lotbinière de former un nouveau gouvernement. Ce geste lui vaudra d’être destitué le 25 juillet 1879.

Desmarteau (rue)

Désignation : avant 1922 selon le Répertoire historique des toponymes de Montréal; plutôt vers 1907

Ancien nom : Fox

Tracé : de la rue Bellerive au sud jusqu’aux limites de Ville d’Anjou au nord de Robitaille

Origine : contrairement au site du Répertoire historique des toponymes de la ville de Montréal, ce n’est pas pour saluer le champion olympique Étienne Desmarteau que l’on a donné le nom de Desmarteau à cette rue. Cette rue ainsi que l’avenue Pierre-Bernard et les rues Paul-Pau et Taillon (1ère et 2e avenue à l’origine) faisaient partie de la Terrasse Bernard, développement immobilier des frères Pierre et Bernard Bernard. Vers 1907, Pierre Bernard nomma les deux les plus à l’ouest avenue Bernard et avenue Desmarteau pour saluer la mémoire de ses parents : Pierre Bernard et Célina Birtz dit Desmarteau.

Des Ormeaux (rue); avenue à Ville d’Anjou; également Parc du Fort-Des Ormeaux à Anjou

Date de désignation : 29 mai 1911

Autre nom : portait autrefois le nom de boul. St-Antoine pendant la courte existence de Tétreaultville; désignée vers 1906; apparaît déjà sur le carte de Pinsonneault de 1907. Après l’annexion de Tétreaultville, la commission de toponymie change le nom de cette rue pour éviter la confusion avec la rue du même nom à Montréal.

Tracé : de la rue Bellerive jusqu’à l’autoroute 40 à Ville d’Anjou

Origine : rappelle nom d’Adam Dollard, sieur des Ormeaux (1635-1660), commandant du fort de Ville-Marie. Pour empêcher les Iroquois d’intercepter le convoi de Pierre-Esprit Radisson comportant 60 canots de fourrures, Dollard des Ormeaux aurait dirigé un petit groupe de 13 volontaires qui s’installa dans un fortin près des rapides du Long-Sault sur la rivière Outaouais. Plusieurs centaines d’Iroquois auraient attaqué les Français qui furent tous tués ou torturés à mort. Les recherches actuelles ne permettent d’affirmer à coup sûr que cet événement s’est effectivement produit.

Dickson (rue)

Date de désignation : inconnue (après 1904 et avant 1911)

Autre nom : aucun

Tracé : de la rue du Port de Montréal au sud jusqu’à ce qu’elle rejoigne Lacordaire au boulevard Rosemont

Origine : tire son nom de William B. Dickson (1836-après 1911), fermier qui possédait le lot #21. Celui-ci vend des terrains d’abord pour l’établissement de la Montreal Locomotive Works en 1903. Puis, en 1904, deux sociétés, la Montreal Industrial Land Co. et la Compagnie de construction du Saint-Laurent, achètent de M. Dickson d’immenses terrains qu’ils feront lotir à partir de ce moment. William B. Dickson est également secrétaire de l’école protestante située à cette époque sur la rue Notre-Dame tout près de la ferme. Après la vente de ses terrains, Dickson ira terminer ses jours à Westmount. Robert C. Dickson, fils de William B., est également entrepreneur dans le secteur avec bureau sur la rue Lacordaire.

Le secteur se peuple rapidement si bien qu’en 1907, la paroisse Notre-Dame des Victoires est créée. La raison en est bien simple: d’importantes usines sont installées ou s’installent à proximité : la Canadian Steel Foundries, la National Bridge, la Cnadian Vickers en plus évidemment de la Montreal Locomotive Works. Le long de la voie ferrée du Montreal Terminal Railway, on trouve un arrêt dans le Parc Terminal. Les résidents sont donc à proximité de toutes les usines de chaussures de Maisonneuve.

On y construit également l’école Notre-Dame des Victoires puis l’Académie Notre-Dame des Victoires. Le développement portera le nom de Parc Terminal. Les promoteurs font tracer quatre rues nord-sud et treize rues est-ouest. La rue la plus à l’ouest devient la rue Dickson tandis que les trois autres seront respectivement nommées 1ère, 2e et 3e avenue. Le système numérique de dénomination des rues correspond à cette époque à une mode américaine que l’on retrouve dans de nombreux développements à Longue Pointe. Tâche compliquée que de nommer des rues après l’annexion. Cependant, la Commission des noms de rue va choisir en 1911 des noms ayant peu de rapport avec la culture québécoise : Monsabré, Lacordaire et Louis-Veuillot. La rue Dickson gardera son nom.

On construira également sur la rue Dickson l’incinérateur Dickson en 1955. Celui-ci fonctionnera jusqu’en 1978, année où sa vocation change.

Duchesneau (rue)

Date de désignation : 17 janvier  1927

Autre nom : rue Dupont

Tracé : de la rue Bellerive à Dubuisson en deux parties non continues; reprend de Souligny jusqu’à Hochelaga; reprend une nouvelle fois de Pierre-de-Coubertin à de Teck

Origine : autrefois la rue Dupont que Pierre Bilaudeau nomma comme partie du Parc Fletcher, elle devient la rue Duchesneau en 1927. Jacques Duchesneau de la Doussinière et d’Ambault (?-1696) est le quatrième intendant de Nouvelle-France de 1675 à 1682. C’est sous sa gouverne qu’on tient un troisième recensement de la Nouvelle-France après ceux de Jean Talon en 1666 puis 1667. Ses années d’intendance sont parsemées de querelles avec le gouverneur Frontenac qui avait cumulé les postes d’intendant et de gouverneur de 1672 à 1675 après le rappel de Jean Talon.

Dyonnet (rue)

Date de désignation : 19 avril 1955

Ancien nom : aucun

Tracé : de Saint-Donat vers l’ouest puis remonte vers le nord jusqu’à Rameau avant Liébert

Origine : Edmond Dyonnet (1859-1954) est un peintre et professeur québécois d’origine française. Il immigre au Québec à l’âge de 15 ans avec ses parents qui s’installent à Labelle dans les Laurentides. Son père est marchand de bois.

Il étudie la peinture à Montréal, puis en Italie où la famille avait vécu avant d’immigrer au Canada. De retour au Québec, il enseigne dès 1890 dans une école tenue par le Conseil des Arts et Métiers. Il participe rapidement à plusieurs expositions dès 1893 ce qui lui vaudra d’être élu membre associé de l’Académie royale des arts du Canada, puis membre en 1901 et secrétaire de 1910 à 1948. Il est l’un des fondateurs de l’École des Beaux-Arts de Montréal en 1922. Il enseignera d’ailleurs à cette école puis à Polytechnique et à McGill.

Dyonnet est ce que l’on pourrait appeler un peintre académicien classique : il apprécie peu les impressionnistes et sera réfractaire aux courants modernistes européens du début XXe siècle. Il devient un spécialiste de la peinture de paysage. Pour trouver ses sujets, il voyage beaucoup au Québec et dans le reste du Canada. Également, il  ne peindra aucun sujet religieux. Il se fera en outre le peintre de la bourgeoisie montréalaise.

Il forma de nombreuses élèves parmi lesquels on peut citer Clarence Gagnon (voir notice sur cette rue), Marc-Aurèle Fortin et A.Y. Jackson, futur membre du Groupe des Sept. On trouve de ses œuvres dans plusieurs musées au Québec et en Ontario.

Émile-Legrand (avenue)

Date de désignation : 1er juillet 1982

Ancien nom : Hays

Tracé : de Notre-Dame jusqu’au nord d’Ontario; reprend à Hochelaga jusqu’au Repos St-François d’Assise

Origine : nous n’avons pu trouver l’origine du nom de Hays. Selon certaines sources, il pourrait s’agir d’un ancien administrateur de Montreal City Land Company qui vendait des terrains des lots #325 à #327, territoire appelé Subdivision Connaught. Charles M. Hays était directeur du Grand Trunk Railroad en 1911 selon le Lovell. Aurait-il été également administrateur de cette compagnie immobilière? Nous n’avons pu vérifier cette information.

Émile Legrand (1898-1949), neurologue et psychiatre, travaillera à Saint-Jean-de-Dieu de 1926 à 1947 à titre de médecin-psychiatre et chef de service. Il sera également titulaire de la chaire de psychiatrie et d’hygiène mentale de l’Université de Montréal de 1938 à 1949. Émile Legrand sera un pionnier de l’enseignement de la psychiatrie moderne au Québec et un lien très étroit entre ces deux institutions. Il meurt tragiquement dans un accident d’avion en 1949.

Fletcher (avenue)

Date de désignation : avant 1914 (probablement en 1909)

Tracé : de la rue Notre-Dame jusqu’à Sherbrooke

Origine : rappelle le nom de James Fletcher, ancien propriétaire de la terre #407 que Pierre Bilodeau (ou Bilaudeau) achète vers 1910. Cette terre est immédiatement lotie et devient le projet résidentiel Parc Fletcher. Dans une publicité d’octobre 1912, on mentionne qu’on ne veut pas de «blocs» comme à Montréal, mais des maisons d’au moins deux étages avec un fronton de 25 pieds. On ajoute que «de nombreux arbres importés d’Europe sont plantés devant chaque terrain.». La personne à contacter est J.H. Langevin, épicier de la rue Marie-Anne dans l’actuel arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Deux autres rues nord-sud seront tracées dans le Parc Fletcher i.e. le boulevard Bilaudeau et la rue Dupont qui deviendra la rue Duchesneau en 1927.

Frédéric-Chopin (rue)

Date de désignation : 29 décembre 1964

Ancien nom : aucun

Tracé : de Notre-Dame jusqu’à Lafontaine

Origine : fait partie de deux rues nommées en l’honneur de célèbres compositeurs (avec la rue Georges-Bizet) lorsque fut construite la 5e et dernière église de Saint-François d’Assise. Rappelons que la 4e église de 1914 avait été démolie pour permettre la construction du pont-tunnel Louis-Hyppolite Lafontaine.

Frédéric Chopin (1810-1849) est un pianiste d’origine franco-polonaise. On le considère comme un des plus importants pianistes du début XIXe siècle et qui, avec Franz Liszt, a révolutionné la technique pianistique de ce siècle. Pianiste virtuose, il est l’auteur de nombreuses œuvres écrites pour le piano dont les Nocturnes, Préludes, Études et Mazurkas demeurent des pièces essentielles du répertoire.

Il est l’image même du pianiste romantique. Il est aussi connu pour sa longue relation avec l’écrivaine George Sand. De santé fragile toute sa vie, il meurt à l’âge de seulement 39 ans à Paris. On trouve au Louvre un très célèbre portrait de Chopin par Eugène Delacroix, peint un an avant sa mort.

Galibert (rue)

Date de désignation : 23 novembre 1950

Ancien nom : aucun

Tracé : dans le Village Champlain, entre Lepailleur et Honoré-Beaugrand, au nord de la rue de Marseille

Origine : en l’honneur de Paul Galibert (1856-1945), manufacturier, président du Syndic des chemins à barrières et conseiller de Longue-Pointe

Paul-Basile Galibert est d’origine française. En effet, il est né à Millau (Aveyron) en 1856 du mariage de Calixte Galibert et d’Élise-Louise Rouquette. Il arrive au Canada avec ses parents en 1864. Calixte Galibert vient y rejoindre ses deux frères, Jean-Casimir et Théodore, arrivées en 1855. Le 8 octobre 1878, Paul-Basile épousera à Longue-Pointe sacousine germaine, Philomène-Eulalie, fille de Casimir et de Philomène Trudeau. C’est cette même année qu’il prend la direction de l’entreprise familiale, une tannerie, autrefois située au 2125, rue Ste-Catherine, près de Lorimier. Dans les années 1880, il habite Longue-Pointe car il sera conseiller de cette ville en 1886 et 1887.

Il est surtout connu comme ayant été le président du Syndicat des chemins à barrières mieux connu sous son appellation anglaise, le Montreal Turnpike Trust, de 1897 à 1911. Il est nommé à ce poste par le nouveau gouvernement libéral de Wilfrid Laurier. Cet organisme est mis sur pied par le gouvernement du Canada-Uni en 1840 pour l’amélioration et l’entretien des principales voies qui traversent l’île de Montréal. Des barrières existent sur la rue Notre-Dame par exemple. Lors de la création du village d’Hochelaga en 1870, la barrière est au croisement de la rue Frontenac. Lors de la création de la ville de Maisonneuve, la barrière est déplacée sur la rue Valois. Les municipalités qui désirent déplacer leurs chemins à barrières doivent payer un intérêt de 6% pour chaque mille (1,6 km) de rue. C’est ce que fera Maisonneuve en 1889. La nouvelle barrière est donc déplacée à la rue Viau. Une deuxième barrière est à l’angle des rues Notre-Dame et Émile-Legrand. En 1905, la barrière de Viauville a rapporté 4 921$ et celle de Longue-Pointe 1 738$.

De nombreuses voix s’élèveront pour abolir cet organisme que plusieurs considèrent comme inefficace. Les nombreuses municipalités de banlieue sur l’île préfèreraient acheter elles-mêmes l’équipement nécessaire pour l’entretien des rues comme Notre-Dame. C’est ce que réclament les maires réunis au sein du Conseil du comté d’Hochelaga le 12 décembre 1906.

Les maires Louis Caty de Beaurivage et Pierre Bernard de Longue Pointe y assistent. Le système est aboli en deux temps : en 1911, le gouvernement fédéral paie une redevance à la Montreal Turpike Trust pour enlever les péages sur les rues traversant les municipalités récemment annexées comme Longue-Pointe, Beaurivage et Tétreaultville puis en 1922 lorsque l’organisme est carrément aboli.

C’est en 1911 que Paul Galibert perd son poste de président après la défaite du gouvernement Laurier lors des élections générales.

En plus d’être tanneur, Paul Galibert est impliqué dans de nombreuses autres entreprises. La plus importante étant la Montreal Street Railway, en lutte contre la Montreal Terminal Railway, pour le monopole du transport par tramway à Montréal. Ce sera chose faite en 1911. En 1907, lorsque cette compagnie décide de faire passer le nombre de directeurs de 5 à 7, Paul Galibert est du nombre. En janvier 1906, on le retrouve comme directeur de la Empire Construction Company, dont le siège social est à Montréal et dont les principaux actionnaires sont belges.

En 1898, il était l’un des actionnaires de la Lake Champlain and St. Lawrence Ship Canal Company où il retrouve des hommes d’affaires et politiciens comme le nouveau maire de Montréal, Raymond Préfontaine. Il est actionnaire ou directeur de nombreuses autres compagnies comme la Great Whaling Co., la Anchor Wire Fence, la Abbey Salt Co. etla Compagnie d’exposition de Montréal.

Lorsqu’on veut former l’Association des manufacturiers de Montréal en 1899, il fait partie des directeurs provisoires.

En 1940, Galibert décide de fermer la tannerie de la rue Sainte-Catherine. Il meurt en novembre 1945 et est inhumé le 25 novembre dans le Cimetière Côte-des-Neiges.

Un autre Galibert a marqué l’histoire de Longue-Pointe : Casimir Galibert, l’oncle de Paul-Émile. Arrivé au Canada en 1855 avec son frère Calixte, il travaille dans le commerce du vin et du cuir au 171, rue Lemoine dans le Vieux-Montréal. Il s’installe ensuite à Longue-Pointe. Il épouse Émilie-Philomène Trudeau le 21 mai 1856 à St-François-d’Assise puis Clarissa Leney, fille du graveur William Satchwell Leney, le 6 avril 1861. Selon le recensement de 1861, il est agriculteur à St-François. Il sera maire de Longue Pointe du 5 février 1877 au 22 janvier 1881 et de nouveau du 11 avril 1882 au 5 janvier 1884. Il meurt quelques jours plus tard, le 11 janvier.

Georges-Bizet (rue)

Date de désignation : 29 décembre 1964

Ancien nom : aucun

Tracé : de Notre-Dame jusqu’à Lafontaine

Origine : fait partie de deux rues nommées en l’honneur de célèbres compositeurs (avec la rue Frédéric-Chopin) lorsque fut construite la 5e et dernière église de Saint-François d’Assise. Rappelons que la 4e église de 1914 avait été démolie pour permettre la construction du pont-tunnel Louis-Hyppolite Lafontaine. C’est à l’angle de cette rue et de Lafontaine que se trouve l’église de Saint-François.

Georges Bizet (1838-1875) est né d’un père professeur de chant et d’une mère pianiste. Son enfance fut donc baignée dans l’opéra et le piano. Il n’a que 17 ans lorsqu’il compose sa Première symphonie, en ut majeur. Il remporte le Grand Prix de Rome de composition musicale en 1857 et y passera donc plusieurs années à peaufiner son art.

Georges Bizet est surtout célèbre pour son œuvre lyrique dont les opéras Les Pêcheurs de Perles, La Jolie Fille de Perth, et surtout Carmen, sa dernière œuvre, qui n’eût pas un grand succès de son vivant, mais qui est aujourd’hui l’œuvre la plus connue et la plus jouée du répertoire opératique. Il composa également la suite L’Arlésienne, musique de scène pour la pièce d’Alphonse Daudet. Sa suite Jeux d’enfants, pour piano à quatre mains, est aussi d’une belle facture.

Gonthier (avenue)

Date désignation : 1910

Ancien nom : aucun

Tracé : de Bellerive à Sherbrooke

Origine : Georges Gonthier (1869-1943) commence à pratiquer la profession de comptable en 1893. Il exerce seul d’abord, puis est membre de la firme St-Cyr, Gonthier & Frigon en 1907 et de celle de Gonthier & Midgley en 1911. Il est aussi agent immobilier. C’est à ce titre qu’il achète la terre #409, la plus à l’est de Longue-Pointe, par l’entremise de The Star Realty Co. Cette terre faisait partie de la famille Tiffin depuis plusieurs années. Elle est lotie après 1914 puisqu’aucun lot n’apparait sur l’atlas de cette année. Il y fait tracer deux avenues au nom de Gonthier et George V et prolonge les rues est-ouest existantes.

Georges Gonthier est important dans l’histoire du Québec de par sa participation à la fondation de l’École des Hautes études commerciales (HEC) en 1907.

Gustave-Bleau (rue)

Date de désignation : 2 novembre 1976

Ancien nom : Leney

Tracé : entre Liébert à l’est et Lepailleur à l’ouest

Origine : au début des années 1950, le promoteur S.D. Miller  & Sons met en chantier un projet immobilier nommé le «Village Champlain». Les rues de ce secteur sont tracées au début des années 1950 et cédées à la ville de Montréal en 1952. La ville de Montréal choisira les noms Leney, Roux, Galibert, Triest, de Marillac, Massicotte pour les voies est-ouest. La rue Leney rappelle principalement la mémoire de William Satchwell Leney (1769-1831), célèbre graveur anglais qui s’installe à Longue-Pointe en 1820 et fait l’acquisition du lot #332. Il est le graveur des premiers billets de la Molson’s Bank en 1819 alors qu’il réside encore à New York, mais son œuvre majeure reste la gravure de six aquarelles de Robert Auchmuty Sproule représentant le Vieux-Montréal. À sa mort en 1831, son fils William hérite de cette terre de 200 arpents et la fera prospérer jusqu’à sa mort en 1884. Après la mort de sa veuve, la terre est réunie à St-Jean-de-Dieu en 1888. Andrew Leney, petit-fils de W.S. Leney, sera conseiller de Longue-Pointe de 1886 à 1891. La lignée des Leney de Longue-Pointe s’éteint avec la mort d’Andrew en 1912.

À la demande des paroissiens de Ste-Louise-de-Marillac, le nom de cette rue est changé le 2 novembre 1976. Elle portera désormais le nom de Gustave Bleau pour honorer la mémoire du premier curé de Ste-Louise-de-Marillac, paroisse qu’il fonde en 1951. Il est ordonné prêtre en 1928 et enseigne au Collège de l’Assomption jusqu’en 1934. Il est ensuite vicaire dans diverses paroisses dont la dernière sera St-Jean-Baptiste-de-la-Salle, dans Maisonneuve. En 1951, il est nommé curé de Ste-Louise-de-Marillac où il oeuvrera jusqu’à sa mort en 1959.

Anecdote intéressante: Gustave Bleau est le nom d’un personnage secondaire du roman Le Matou d’Yves Beauchemin.

Guybourg (avenue)

Date de désignation : 22 avril 1959

Ancien nom : Fitz-James

Tracé : de Notre-Dame jusqu’à Lafontaine

Origine : Le Parc Guybourg est un parc résidentiel créé peu après le Parc Terminal, tout juste à l’ouest, par Edmond Guy, propriétaire de l’immense lot #28 qui, en 1904, fait diviser ce terrain en lots résidentiels destinés aux ouvriers qui travaillent dans les nombreuses usines environnantes. Le secteur est confié à la Compagnie foncière suburbaine de Montréal qui en fait la promotion dans les journaux de l’époque. Le lotissement comprend trois rues principales nord-sud : Roberval (aujourd’hui Bossuet), De Cadillac et Duquesne. Un cousin éloigné d’Edmond Guy, Pierre-Zotique Guy fera également la promotion de ce développement en se faisant nommer secrétaire de la ville de Longue-Pointe en 1907.

Le secteur se peuple rapidement puisqu’il faut créer une nouvelle paroisse ce qui sera chose faite en 1918 avec l’érection de la paroisse Saint-Herménégilde de Guybourg.

L’école Notre-Dame-des-Victoires se trouve sur la rue Lafontaine à l’angle de l’avenue Guybourg.

Haig (rue)

Date de désignation : 19 mai 1919

Ancien nom : Main

Origine : la rue Main devait être la rue principale de la Subdivision Connaught, propriété de la Montreal City Land Company. La compagnie dépose un plan de lotissement en 1912 avec quatre rues nord-sud : Beauclerk, Hays (Émile-Legrand), Lyall et Main. Ces rues sont cédées à la ville de Montréal 12 mars 1918. L’odonyme rue Main devient alors superflu. Elle reçoit le nom de Haig en l’honneur du général Douglas Haig (1861-1928), maréchal britannique et commandant en chef des forces britanniques et canadiennes de décembre 1915 jusqu’à la fin de la guerre. Il a le triste honneur d’avoir dirigé les forces britanniques lors de la Bataille de la Somme en 1916, bataille où 400 000 soldats furent tués pour seulement 12 kilomètres. La bataille est lancée le 1er juillet et ce jour sera désormais connu comme la plus sanglante de l’histoire de l’armée britannique. Homme controversé, il gardera la réputation d’un général qui n’a que peu de considération pour ses soldats qu’il envoie tout simplement «à la boucherie». Cependant, vers la fin de la guerre, il utilisera les chars d’assaut et même l’aviation.

Hector-Barsalou (rue)

Date de désignation : 10 février 1988

Ancien nom : aucun

Tracé : la rue part de la rue De Boucherville vers l’ouest, puis fait un crochet vers le sud jusqu’à Notre-Dame

Origine : Hector Barsalou (1850-1931) est fils de Joseph Barsalou, industriel prospère qui fut également maire de Maisonneuve. Joseph Barsalou fonde en 1875, la savonnerie J. Barsalou & Cie. La première usine est située sur la rue Sainte-Catherine, à l’angle de Plessis. À la mort de Joseph Barsalou en 1897, les deux frères prennent la direction de l’entreprise. En 1909, Hector Barsalou devient le président de l’entreprise et l’année suivante, il décide de faire construire une plus grande usine au 1 600, rue De Lorimier, près de la rue de Maisonneuve.

Une tête de cheval est l’emblème de la compagnie. On trouve les savons de marque Barsalou, Impérial, National et Dollard. La production industrielle de savon permet au plus modeste ouvrier de se procurer cet objet de la vie quotidienne à très bas prix. On produit du savon en barres de couleur jaune et du savon en flocons pour la lessive.

Proctor & Gamble Canada se porte acquéreur de l’usine en 1935, puis l’usine est de nouveau vendue à Familex durant la Seconde Guerre mondiale.

Ce que l’on ne sait pas concernant Hector Barsalou, c’est que si le pont Jacques-Cartier est surnommé le «pont croche», c’est qu’Hector Barsalou refusa catégoriquement d’être exproprié. Rappelons les faits. La circulation automobile augmente considérablement après la Première Guerre mondiale. L’idée germe alors de construire un pont reliant Montréal à Longueuil. La première pelletée de terre est donnée en 1925. La sortie du pont du côté de Montréal devait donner sur la rue Bordeaux. On exproprie plusieurs maisons dans le quartier Sainte-Marie. La ville désire exproprier également l’usine de savon Barsalou pour que le pont puisse être en ligne droite. Hector Barsalou refuse catégoriquement et les ingénieurs doivent réviser leurs plans et dessiner une courbe que plusieurs conducteurs trouveront dangereuse. C’est à la suite de ce refus que le gouvernement vota une loi pour qu’un propriétaire récalcitrant ne puisse entraver la construction d’un bâtiment ou d’une infrastructure routière.

L’attitude d’Hector Barsalou a donné naissance à une expression populaire, synonyme d’«entêté», de «tête de cochon»: «tête de roche de Barsalou». C’est tout dire.

Honoré-Beaugrand (rue); station de métro

Date de désignation : 22 juin 1973

Ancien nom : Éliza, Beaugrand

Tracé : de la rue Notre-Dame jusqu’à la rue de Cholet

Origine : tout comme la rue Omer (aujourd’hui de Beaurivage), la rue Éliza est une rue tracée sur la terre d’Omer Dufresne, d’abord lotie le 17 octobre 1899, puis le16 janvier 1907. La rue la plus à l’ouest avait été nommée Éliza en l’honneur d’Éliza Bernard, épouse d’Omer Dufresne et fille de Pierre Bernard et de Célina Birtz dit Desmarteau. Les familles Bernard et Dufresne sont donc liées par le mariage de leurs enfants tout comme les familles Lebrun et Tétreault.

Honoré Beaugrand (1849-1907), militaire, journaliste, écrivain, homme politique a marqué son époque. D’abord militaire, il a combattu dans l’armée de Maximilien d’Autriche que Napoléon III voulait installer comme empereur du Mexique. Après l’exécution de Maximilien par les forces mexicaines, il revient en France puis choisit de s’installer à la Nouvelle-Orléans, puis à Boston, à Ottawa et finalement à Montréal en 1878. Il fonde des journaux dans toutes ces villes. Le plus important d’entre eux est sûrement La Patrie, fondé à la demande du Parti libéral en 1879, dont il sera propriétaire jusqu’en 1897.

En 1885, Honoré Beaugrand est élu maire de Montréal. Deux événements concomitants de l’histoire canadienne marqueront ses deux mandats : l’exécution de Louis Riel et l’épidémie de variole. Le procès de Louis Riel pour meurtre et haute trahison à Regina provoque une division entre les deux «solitudes». L’Ontario tient à ce que Riel paie de sa vie pour sa rébellion tandis que le Québec le considère comme un héros. Riel est finalement exécuté le 16 novembre 1885 ce qui provoque une levée de boucliers au Québec. Le 22 novembre se tient la plus importante manifestation de l’époque : 50 000 personnes manifestent sur le Champ-de-Mars et viennent entendre Honoré Mercier et Wilfrid Laurier. Pendant ce temps, une épidémie de variole frappe la ville de Montréal. Les journaux anglophones de Montréal condamnent Riel et réclament des mesures de vaccination obligatoire tandis que les journaux francophones considèrent ces mesures comme une attaque contre les Canadiens-français et réclament la libération de Riel. Avec l’appui des directeurs de certains journaux anglophones, de la police et du clergé catholique, les mesures de vaccination obligatoire sont appliquées malgré des manifestations anti-vaccination. La seconde année du mandat de Beaugrand est beaucoup moins fertile en événements.

Honoré Beaugrand était aussi écrivain. En 1878, il publie Jeanne la fileuse qui raconte la vie d’ouvrières du textile en Nouvelle-Angleterre. Il est cependant plus connu pour la publication de La Chasse-galerie, recueil de contes québécois, dont le conte éponyme vient de faire l’objet d’un film en 2016.

La station Honoré-Beaugrand, dernière station de métro à l’est sur la ligne verte, a été ouverte le 6 juin 1976, tout comme les cinq autres stations de l’est juste à temps pour l’ouverture des Jeux olympiques de Montréal.

Lacordaire (rue)

Désignation : 29 mai 1911

Ancien nom : 2e avenue

Tracé : de Souligny jusqu’au boulevard Gouin dans l’arrondissement Montréal-Nord-St-Michel

Origine : la rue porte le nom d’un dominicain et célèbre prédicateur français Henri Lacordaire (1802-1861). Il participe à la réorganisation des Dominicains, congrégation abolie durant la Révolution française. Les Dominicains s’installent au Québec d’abord à St-Hyacinthe en 1873. Ils s’occupent pendant quelques années de la Chapelle de la Réparation à Pointe-aux-Trembles à partir de 1898 puis l’évêque de Montréal leur confie la paroisse de Notre-Dame de Grâce en 1901.

Le nom de Lacordaire est aussi rattaché au Mouvement Lacordaire qui veut combattre les abus de la «boisson enivrante» dans les masses du peuple. Fondé à Fall River par le père dominicain Joseph Jacquemet en 1911, il compte 139 000 membres en 1955 au Québec dont plusieurs milliers de femmes des Cercles Sainte Jeanne d’Arc.

Landry (rue)

Date de désignation : 10 septembre 1956

Ancien nom : aucun

Tracé : petite rue entre Bossuet et Louis-Veuillot, au sud d’Hochelaga

Origine : Philippe Landry (1846-1919) a été agronome, officier, homme politique et maire de Limoilou.

Agronome de formation, il publia de nombreuses œuvres dont un Traité populaire d’agriculture théorique et pratique (1878). Il fonda en 1892 le Syndicat des cultivateurs du Québec et fut le président et directeur de la Compagnie d’exposition de Québec. En 1896, il devient le président du Conseil de l’agriculture de la province de Québec.

Il a connu une longue carrière politique. Il est élu député provincial de Montmagny en 1875, mais disqualifié l’année suivante pour avoir utilisé des moyens frauduleux. On lui interdit de se présenter à une élection provinciale pendant 7 ans. Cependant, il devient député fédéral conservateur de Montmagny en 1878, poste qu’il occupa jusqu’en 1887.

En décembre 1888, il est nommé aide-de-camp des gouverneurs-généraux.  Les conservateurs alors au pouvoir le nomme sénateur en 1892. Durant sa carrière de sénateur, il se fit le défenseur des droits des franco-canadiens à l’extérieur du Québec. En 1911, après la défaite de Libéraux de Laurier aux mains des Conservateurs de Borden, il est nommé président du Sénat. Il démissionne de ce poste en 1916 sur des questions de droits des Franco-Ontariens.

Il sera également le maire de Limoilou de 1896 à 1900. On le retrouve également gérant de la Compagnie canadienne d’acétylène à Lévis en 1901.

Lapointe (boulevard)

Date de désignation : vers 1912

Tracé : de l’avenue Souligny à la rue Sherbrooke

Origine : Hormidas Lapointe, père, (1848-1935) est propriétaire du lot #396. Cette terre est subdivisée vers 1912. Ses deux fils, Hormidas (1882-1972) et Donat (1890-1973), deviennent propriétaires de la partie au nord de Souligny. Ils déposent un plan de lotissement en 1912-13 et font tracer trois rues nord-sud : la rue Saint-Donat, le boulevard Lapointe et la rue Saint-Émile.

Le nom de Lapointe fait référence à la famille. Hormidas Lapointe est le descendant de la famille Desaultels dit Lapointe, famille pionnière de la Côte St-François. L’ancêtre de la famille, Pierre Desaultels dit Lapointe, un des voyageurs recrutés par Lamothe Cadillac pour fonder la ville de Détroit en 1701, vit plus à l’ouest. Il devient propriétaire de la concession #1000 au livre terrier des Sulpiciens de par son mariage en 1699 avec Angélique Thuillier, fille de Jacques Thuillier dit Desvignets, un des premiers concessionnaires de Saint-François en 1665. Plus tard, la famille Desaultels dit Lapointe fait l’acquisition des lots #396 à #398.

Hormidas Lapointe, père, a été maire de Longue-Pointe de janvier 1887 à janvier 1888. Son fils Hormidas est conseiller de Longue-Pointe au moment de l’annexion en 1910.

de Lavaltrie (rue)

Date de désignation : 29 mai 1911

Ancien nom : Sainte-Catherine

Tracé : petite rue se trouvant entre de Saint-Just et Curatteau

Origine : Sébastien Margane, sieur de Lavaltrie (1643-1699). Fils d’un avocat du parlement de Paris, Sébastian Margane arrive en Nouvelle-France en 1665 comme lieutenant de la compagnie de Monteil du célèbre Régiment de Carignan-Salières. En 1667, il devient lieutenant de la compagnie de Berthier. L’année suivante, il décide de s’installer définitivement lors du rappel du Régiment de Carignan. Les soldats démobilisés reçoivent gratuitement une terre et s’ils épousent une Fille du Roy, ils s’assurent d’une dot intéressante. Quant aux officiers, on leur accorde une seigneurie. C’est ce qui se produit en 1672 lorsque Sébastien Margane reçoit une seigneurie qui deviendra la seigneurie de Lavaltrie.

Plus tard en 1687, il commande l’une des quatre troupes de milice lors d’une expédition du gouverneur Denonville contre les Tsonnontouans, une des cinq nations iroquoises et alliés des Anglais. En 1690, il participe à la défense de Québec contre l’armée du général Phips. En 1698, il est nommé capitaine et reçoit sa compagnie.

Il meurt à Montréal le 16 mai 1699.

Lebrun (avenue)

Date de désignation : 1907

Autre nom : aucun

Tracé : de la rue Bellerive jusqu’au nord de la rue de Grosbois

Origine : souligne le rôle de Napoléon Lebrun (1851-1917), propriétaire du lot #397 de Longue Pointe, appelé le «Parc Lebrun».

Avant 1906, le lot #397 était propriété du futur premier ministre Lomer Gouin et de son beau-frère Joseph-Honoré Mayrand. Vers 1895, les deux hommes se portent acquéreur de cette terre et subdivisent en lot la partie au sud de la voie ferrée. Une première rue portera le nom d’avenue Mercier tandis que l’autre semble ne pas avoir été nommée. Lomer Gouin avait épousé en premières noces Élisa Mercier, fille de l’ancien premier ministre Honoré Mercier (1885-1891).

Le 15 novembre 1906 devient le nouveau propriétaire de ce lot. Le 7 mai 1907, il dépose un plan de lotissement pour la partie encore non subdivisée. Toute la terre prend alors le nom de «Parc Lebrun» dans laquelle le nom de l’avenue Mercier est conservé tandis que l’autre rue porte désormais le nom d’avenue Lebrun.

Dans son développement du Parc Lebrun, Napoléon Lebrun a probablement profité de la présence de Tétreaultville, dont les terres sont immédiatement voisines de la sienne. De plus, Pierre Tétreault et Napoléon Lebrun sont voisins lors du recensement de 1901. Les familles sont également liées par le mariage puisque le fils de Pierre Tétreault, Joseph-Pierre, épouse Marie-Louise, fille de Napoléon Lebrun.

Napoléon Lebrun meurt en 1917. Son corps repose au Repos Saint-François d’Assise (section 12, lot 0059). Napoléon fils est également inhumé sur ce lot.

Une école portera également le nom de Lebrun. Elle est construite en 1911 et située à l’angle de Honfleur (plus tard Hochelaga) et Mercier. C’est une école de garçons jusqu’en 1940-41 où elle reçoit à ce moment des étudiants de langue anglaise.

Lecourt (rue)

Date de désignation : 1901

Ancien nom : Quinn

Tracé : de Saint-Just jusqu’à Curatteau

Origine : Marie-Herménégilde Lecourt, curé de St-François-d’Assise de Longue Pointe de 1885 à 1915.

Il est ordonné prêtre par Mgr Bourget en 1868. Il sert d’abord de professeur et de missionnaires dans les paroisses franco-américaines. En 1885, il remplace Damase Laporte à la cure de Saint-François-d’Assise. Marie-Herménéglde Lecourt aura à affronter deux tragédies : d’abord le 10 juin 1893, la vieille église du Régime français, terminée en 1730 et que l’on voit bien sur la gravure de William Bartwell (1840), avec façade sur le fleuve, est incendiée. Lors de ce tragique événement, le troisième presbytère de 1892 est également touché. Les paroissiens se mettent à la tâche et l’église est immédiatement reconstruite en utilisant les murs de pierre extérieurs. On doit également réparer le presbytère. On conserve l’orientation de l’église face au fleuve. Cette église ne dura pas longtemps puisque le 7 novembre 1907, un nouvel incendie détruisait l’église et endommageait gravement le presbytère.

La troisième église fait toujours face au fleuve. Elle est plus modeste et bâtie tout près de la précédente. Cette église est bénie le 6 juin 1908 et servira jusqu’en 1914. La troisième église est considérée comme une église de transition. La population de la paroisse augmente et l’on décide de construire une quatrième église. Construite de pierre et d’acier et s’inspirant d style roman, elle est bénie le 20 décembre 1914. On y installe des orgues Casavant. Peu après, le curé Lecourt quitte la paroisse. On ne connaît pas la date exacte de son décès.

L’abbé Marie-Herménégilde Lecourt aura donc servi la paroisse pendant trente ans.

Lepailleur (rue); Place

Date de désignation : 29 mai 1911 pour la rue et 15 juillet 1954 pour la place

Ancien nom : Vinet

Tracé : du Port de Montréal jusqu’à Dubuisson, reprend à Hochelaga jusqu’à Sherbrooke

Origine : cette rue ainsi que les voisines fait partie d’un corpus de rues du territoire de l’ancienne municipalité de Beaurivage de Longue-Pointe. Cette municipalité est créée le 30 mars 1898 par le détachement du noyau villageois du reste de la paroisse de St-François d’Assise. Cette municipalité ne connaîtra qu’une courte existence puisque qu’elle sera annexée à Montréal de même que Tétreaultville et Longue-Pointe le 4 juin 1910 par la Loi amendant la charte de la cité de Montréal. Lors de l’annexion, on trouve les rues nord-sud suivantes : Perreault, Saint-François-Xavier ou Montée St-Léonard, Saint-Louis, Saint-Joseph, Vinet et Saint-Georges tandis que du sud vers le nord la présence des rues des Commissaires, Notre-Dame et Quinn. En 1911, la population de l’ancien village est d’environ 1 600 personnes formée en grande partie d’ouvriers non spécialisés qui travaillent à la Canada Cement, à la National Bridge ou à la Montreal Locomotive Works. On compte également la présence de nouveaux habitants d’origine italienne.

Une ligne de tramways longe la rue Notre-Dame facilitant les déplacements vers l’ouest de l’ile. De nombreux fermiers vont donc lotir leurs terres pour profiter de l’arrivée de nouveaux résidents. Il est évident qu’une petite municipalité comme Beaurivage n’a pas la capacité financière de financer les infrastructures de tout ce développement domiciliaire. Elle doit s’endetter et l’annexion à Montréal semble la seule solution possible. Signalons que l’équipe Michaud-Dufresne nouvellement arrivée à la direction de la ville voisine de Maisonneuve en 1909 va mener une campagne d’annexion agressive auprès des villes voisines.

La rue Vinet rappelait la présence de deux familles pionnières de St-François : les Vinet dit Préville et les Vinet dit Souligny. Joseph Vinet père sera maire de Longue-Pointe de 1864 à 1866 et de 1868 à 1877 tandis que Joseph Vinet fils le sera de 1881 à 1882, de 1885 à 1886 et de 1890 à 1905 avant de laisser sa place à Pierre Bernard.

La rue Lepailleur rappelle l’existence du patriote François-Maurice Lepailleur (1806-1891). Celui-ci est huissier à Châteauguay et il participe à une expédition à Kahnawake pour y chercher des armes. Il est fait prisonnier et condamné à mort le 8 décembre 1838. Sa peine est ensuite commuée en emprisonnement à vie. Il est ensuite exilé en Australie. Après un séjour de 5 ans, il revient au pays.

L’on pourrait penser que cette rue voulait rendre hommage au curé Georges-Marie Lepailleur de St-François, fondateur du Cimetière de l’Est en 1916, mais celui ne sera curé que de 1915 à 1921, moment où la rue a déjà reçu le nom de Lepailleur.

Louis-Veuillot (rue)

Désignation : 29 mai 1911

Ancien nom : 3e avenue

Tracé : de la rue Souligny à la rue de Turenne; reprend à Pierre-Bédard jusqu’à ce qu’elle rejoigne la rue Bossuet plus au nord

Origine : rappelle la mémoire de Louis Veuillot (1813-1883), journaliste et hommes de lettres français. Il sera collaborateur et ensuite rédacteur en chef de L’Univers, journal catholique qui défend le catholicisme ultramontain. L’ultramontanisme est une idéologie qui défend la préséance du religieux sur le politique. Au Québec, cette idéologie s’oppose à l’anticléricalisme de l’Institut canadien et d’écrivains comme Arthur Buies. Veuillot va même appuyer la doctrine de l’infaillibilité papale proclamée par le concile du Vatican en 1870.

Rappelons que trois avenues du projet du Parc Terminal seront renommées Monsabré, Lacordaire et Louis-Veuillot après l’annexion en 1911. La rue Bossuet, voisine de Louis-Veuillot, rappelle un autre orateur catholique.

En 2016, l’arrondissement instaure un projet pilote de piétonnisation dans le secteur Notre-Dames des Victoires. Ainsi, du 13 juin 2016 jusqu’à octobre 2016, la rue Louis-Veuillot, entre les rues Boileau et Pierre-de-Coubertin, deviendra piétonne durant l’été.

Lyall (avenue)

Date de désignation : avant 1914 (probablement en 1912)

Ancien nom : aucun

Tracé : de Notre-Dame jusqu’au nord d’Ontario; reprend à Hochelaga jusqu’à Sherbrooke

Origine : en l’honneur de Traill Oman Lyall, un des directeurs de Montreal City Land Company, propriétaire du territoire surnommé la Subdivision Connaught (lots #325 à #327). L’appellation Connaught provient du gouverneur-général de l’époque, Arthur William Patrick Albert, duc de Connaught. En 1912, cette compagnie présente un plan de lotissement avec des rues nommées Lyall, Beauclerk, Davis et Main. La compagnie espère profiter de la proximité d’usine comme la National Bridge, la Canada Cement, mais aussi de la présence du Parc Dominion, tout près sur Notre-Dame. Le frère de Traill Oman, William, est aussi impliqué dans le développement de Mercier en tant que vice-président de la National Bridge, tout juste à l’ouest. En 1914, la compagnie demande à la ville de Montréal d’aménager une traverse de chemin de fer. Sur l’atlas de 1914, très peu de constructions sont visibles dans la Subdivision Connaught. En décembre 1915, la tentative de céder pour 60 000$ les rues aménagées échoue. Ce projet ne se réalisera définitivement que le 12 mars 1918.

Traill Oman et William Lyall sont les fils de Peter Lyall, riche entrepreneur en construction à la tête de la Peter Lyall & Sons Contruction Co Ltd. Peter Lyall habite un superbe édifice au 1445, rue Bishop, dans le Golden Square Mile. La maison existe toujours. Après la mort de Peter Lyall, l’usine de Longue Pointe devient la Montreal Ammunition Co Ltd vers 1915.

McVey (rue)

Date de désignation: 1907

Ancien nom : aucun

Tracé : toute petite rue entre Lepailleur et Curatteau

Origine : selon Toponymie Montréal, cette rue est nommée en l’honneur de Susan McVey, femme du premier maire de Longue-Pointe, Edward Quinn. Celui-ci est en fait le deuxième maire de Longue-Pointe. Michel Raymond est le premier magistrat, siégeant à cette fonction du 26 juillet 1845 à une date postérieure au mois d’août 1847 (les procès-verbaux du conseil manquent entre 1847 et 1855). En juillet 1855, Edward Quinn est maire. Il occupera ce poste jusqu’en 1858, puis de nouveau du 16 janvier 1858 au 20 janvier 1860.

Susan McVey (1819-1893) est fille de James McVey et Jeanne Reed. Après la mort de son mari le 15 novembre 1871, elle reste propriétaire de deux lots cultivés à Longue Pointe, soit le lot #391, immédiatement à l’est de St-Jean-de-Dieu, et le lot #41, plus à l’ouest. On trouve également à Longue-Pointe un John McVey, cultivateur décédé avant 1871, dont l’épouse Catherine est propriétaire du lot #391 sur l’Atlas d’Hopkins de 1879. Leur fils John, également cultivateur, sera conseiller de Longue Pointe, de janvier 1890 à janvier 1893 et de nouveau de janvier 1894 à janvier 1896.

Massicotte (rue)

Date de désignation : 25 juillet 1950

Ancien nom : aucun

Tracé : de Liébert vers l’ouest jusqu’à Honoré-Beaugrand

Origine : Édouard-Zotique Massicotte (1867-1947) est un historien, archiviste et journaliste dont l’importance est capitale dans l’archivistique québécoise. Il s’intéresse très jeune au folklore québécois et, avec Marius Barbeau, collectionnera des chansons. En mai 1942, il remet à Léo-Paul Desrosiers de la Bibliothèque de Montréal, une impressionnante collection de 4 000 chansons folkloriques recueillies à partir de 1883. Il publiera de nombreux articles dans le Bulletin des recherches historiques de Pierre-Georges Roy. En tant qu’archiviste du Palais de Justice de Montréal, il aura accès à de nombreux documents qu’il publiera au cours des années. Il est cependant plus connu pour les Albums de rue, recueils de plus de 6000 illustrations provenant de dessins ou de photos publiées dans divers journaux ou revues du Québec. Les chercheurs et les historiens connaissent bien cette ressource disponible dans la Collection numérique de la BANQ.

De Meaux (rue)

Date de désignation : 21 juin 1962

Ancien nom : aucun

Tracé : petite rue entre Bossuet et Louis-Veuillot, au nord de Souligny

Origine : rappelle Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), surnommé «L’Aigle de Meaux». Au XVIIIe siècle, Voltaire avait surnommé Bossuet «L’Aigle de Meaux» parce qu’il fut le seul religieux à s’opposer à Louis XIV. Bossuet avait entre autres fait un sermon sur le devoir des riches envers les pauvres. L’aigle est le seul oiseau qui peut voler face au soleil, allusion au titre de Louis XIV, le «Roi-soleil».

Voir également la notice sur la rue Bossuet.

Mercier (avenue); quartier, arrondissement et parc

Date de désignation : 1907 pour l’avenue (l’avenue existe depuis 1896 sur le plan de lotissement); 5 mars 1915 pour le quartier et 30 septembre 1966 pour le parc Honoré-Mercier et 2002 pour l’arrondissement

Autre nom : aucun

Tracé : de Bellerive au sud au boulevard Roi-René à Anjou au nord

Origine : pour saluer la mémoire d’Honoré Mercier (1840-1894), premier ministre du Québec de 1887 à 1891. Lomer Gouin, futur premier ministre du Québec, et son beau-frère Joseph-Honoré Mayrand, avaient acheté vers 1895 la terre #397 du cadastre de Longue Pointe et qui sera connue plus tard sous le nom de Parc Lebrun. Deux rues avaient été tracées en 1896 dans la partie au sud de la voie ferrée du Canadian Northern. La rue la plus à l’ouest portait le nom de Mercier. Rappelons que Lomer Gouin avait épousé Élisa Mercier, fille d’Honoré Mercier. L’autre rue n’a pas été nommée jusqu’à ce qu’en 1907, Napoléon Lebrun la désigne à son nom.

La partie de Bellerive entre Mercier et Lebrun portera jusqu’en 1912 le nom de Mayrand.

Le parc Honoré-Mercier se trouve du côté sud de Notre-Dame au bout de l’avenue Mercier.

L’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve sera constitué en 2002 lors de l’adoption de la loi sur les fusions municipales.

Monsabré (rue)

Désignation : 29 mai 1911

Ancien nom : 1ère avenue

Tracé : de Souligny jusque la rue rejoigne la rue Dickson au sud de Rosemont

Origine : Jacques-Marie-Louis Monsabré (1827-1907) est un dominicain et un célèbre prédicateur français. Il est un disciple de Lacordaire (voir nom de la rue).

Le groupe des rues Monsabré, Lacordaire et Louis-Veuillot (autrefois la 1ère, 2e et 3e avenue) faisait partie du projet résidentiel du Parc Terminal, aménagé sur des terrains autrefois propriété du fermier William B. Dickson. Elles sont toutes les trois renommées en 1911 après l’annexion.

On trouve de nombreux commerces sur cette rue tout au long du XXe siècle.

En 2016, l’arrondissement instaure un projet pilote de piétonnisation dans le secteur Notre-Dames des Victoires. Ainsi, du 13 juin 2016 jusqu’à octobre 2016, la rue Monsabré, entre les rues Boileau et Pierre-de-Coubertin, deviendra piétonne durant l’été.

Mousseau (rue); avenue à Ville d’Anjou

Date de désignation : 11 juin 1915

Autre nom : Saint-Pierre vers 1906 et De Rocheblave en 1911

Tracé : de Bellerive jusqu’à de Grosbois (parc Thomas-Chapais); à Anjou, elle reprend à l’avenue Chaumont jusqu’à l’Autoroute 40

Origine : À Tétreaultville, la rue portait le nom de Saint-Pierre; après l’annexion, pour éviter la confusion, on nomma la rue De Rocheblave jusqu’en 1915, moment où Longue Pointe devint le quartier Mercier. La rue Mousseau honore l’abbé Charles-Ovide-Mousseau, 2e curé de Sainte-Claire-de-Tétreaultville de 1910 à 1916. Dès son arrivée en 1906, le premier curé résidant, Jean-Baptiste-Arthur Desnoyers, convoqua une réunion publique sur l’opportunité de construire une église. On procéda également à l’élection de trois marguillers : Pierre Tétreault, agent immobilier, Pierre Maher, plâtrier et Louis Lachance, marchand de bois. Pierre Tétreault offrit généreusement le terrain pour la construction de l’église et du presbytère. L’église est bénie le 17 novembre 1907. Elle était située sur la rue De Rocheblave entre Dorchester (plus tard Honfleur et Hochelaga) et Boyce (Pierre de Coubertin). En 1915, la commission de toponymie décida donc de changer le nom de la rue De Rocheblave en rue Mousseau en l’honneur du curé de la Ste-Claire. Signalons que pendant un certain temps, la rue Sainte-Claire porta le nom de Mousseau, avant de changer pour Langemarck et finalement Sainte-Claire. En 1916, le curé Mousseau quitte Ste-Claire pour la paroisse de St-Zotique à Montréal.

La création de la paroisse St-Bernard en 1922 retranche la partie de la paroisse au sud de la voie ferrée. Le curé Noël Fauteux suggère alors de déplacer l’église qui ne se trouve plus au centre de la paroisse. On la reconstruit sur la rue Langemarck (aujourd’hui Ste-Claire) entre Azilda (aujourd’hui Pierre-Tétreault) et Baldwin. Elle est bénie en octobre 1925.

Sur la rue Mousseau, on retrouve également l’école Le Caron, maintenant une annexe d’Irénée-Lussier et également l’école La Vérendrye, une école primaire internationale.

Paul-Pau (rue)

Date de désignation : 4 novembre 1914

Autre nom : 1ère avenue

Tracé : de la rue Bellerive au sud jusqu’à la rue De La Vérendrye au nord aux limites de Ville d’Anjou

Origine : vers 1907, les frères Pierre et Bernard Bernard développent un projet immobilier appelé la Terrasse Bernard. Bernard Bernard, promoteur immobilier, nommera les deux rues les plus à l’est tandis que son frère baptisera les deux autres rues d’avenue Bernard et avenue Desmarteau. Bernard Bernard choisit plutôt d’utiliser une façon américaine : 1ère et 2e avenue. Le 4 novembre 1914, quatre ans et demi après l’annexion, la ville de Montréal veut saluer le général français Paul-Marie-César-Gérald Pau (1848-1932). Au début de la Première Guerre mondiale, le maréchal Joffre sort le général Pau de la retraite pour lui confier la direction de l’Armée d’Alsace. Le but est de reprendre l’Alsace-Lorraine aux Allemands. Mais l’avance rapide des Allemands en France en direction de Paris force Joffre à dissoudre cette armée pour que Pau puisse participer à la première Bataille de la Marne en septembre 1914.

Il est président de la Croix-Rouge française de 1918 à 1932. Anecdote intéressante au sujet du général Paul Pau : le 4 mars 1919, il est invité par l’Assemblée législative du Québec (aujourd’hui l’Assemblée nationale). Passant outre la règle qui veut que le droit de parole n’est exercé que par les parlementaires, il prononce un discours que personne n’ose arrêter. C’est le seul non-parlementaire de l’histoire du Québec dont les propos sont consignés dans les Débats de l’assemblée.

Des rues voisines, comme les rues Joffre et French, rappellent également le souvenir de généraux de la Première Guerre mondiale.

de la Pépinière (avenue); Parc de l’Ancienne-Pépinière; Place de la Pépinière

Date de désignation : 13 juillet 1960 pour l’avenue et la Place; 29 janvier 1979 pour le Parc

Autre nom: aucun

Tracé : de Pierre-de-Coubertin à l’Avenue Faribault, puis de Sherbrooke à de Jumonville

Origine : la ville de Montréal installe sa pépinière municipale entre 1948 et 2001 dans le quadrilatère formé par les rues de Carignan, Rosemont, Du Quesne et de Jumonville. Progressivement, la superficie est réduite par l’installation de l’école secondaire Louis-Rie, du parc Louis-Riel et du parc de l’Ancienne-Pépinière. En 2001, la ville de Montréal décide d’aménager sa pépinière à Terrebonne.

Pierre-Bernard (boulevard); également Parc Pierre-Bernard)

Date de désignation : 6 novembre 1964

Ancien nom : Atala, avenue Bernard

Tracé : de la rue Bellerive au sud jusqu’aux limites de Ville d’Anjou au nord de Robitaille

Origine : tire son nom de Pierre Bernard (1866-1924), propriétaire, avec son frère Bernard, des lots #403 et #404 qui forment un développement domiciliaire appelé «Terrasse Bernard». Un aïeul de Pierre Bernard, Charles Brouillet dit Bernard, achète le lot #403 de Joseph Archambault en 1821. Ce lot ainsi que le lot voisin demeureront dans la famille Bernard jusqu’en 1925.

Vers 1907, les frères Pierre et Bernard Barnard font lotir les deux lots. Pierre fera tracer les deux rues plus à l’ouest i.e. qui porteront le nom d’avenue Bernard et d’avenue Desmarteau. L’avenue Bernard veut honorer la mémoire du père des promoteurs, Pierre Bernard, tandis que Desmarteau tire son nom de la mère, Célina Birz (ou Birtz) dit Desmarteau. Bernard choisit de nommer les deux rues plus à l’est selon la mode américaine : 1ère et 2e avenue.

Pierre Bernard habite la maison ancestrale dite maison Brouillet-Bernard, construite en 1825. Cette maison, dont l’adresse actuelle est le 325, avenue Pierre-Bernard, est malheureusement entourée de condos devant et derrière. Mauvais exemple de conservation du patrimoine. La maison, que l’on voyait autrefois de la rue Notre-Dame, n’est visible que de l’avenue Pierre-Bernard.

Pour promouvoir son nouveau développement, Pierre Bernard sera le dernier maire du village de Longue-Pointe de 1905 à 1907 et le seul maire de la ville de 1907 à 1910 jusqu’à l’annexion de Longue Pointe à Montréal en 1910. Quant à son frère Bernard, il est à la tête d’une agence immobilière, Bernard Bernard Real Estate, dont les bureaux se trouvent sur Saint-Joseph ouest. Pour attirer les jeunes familles au «Parc Bernard», on fera même construire l’Académie Saint-Bernard qui se trouvait au 9501, rue Notre-Dame.

Avant sa mort, Pierre Bernard fera don de la rue Bernard à la ville de Montréal.

Après la mort de son frère Pierre, Bernard Bernard vend la partie sud du lot #403 à Carlos d’Alcantara le 6 octobre 1925 pour la somme de 9 000$. C’est sur ce terrain que Carlos et ses fils construiront les serres qui serviront à la production de fleurs. La maison Pierre-Bernard deviendra à la fois la résidence et le bureau de la famille d’Alcantara. Elle demeurera dans cette famille jusque dans les années 1990.

La ville aménagera un parc nommé Parc Pierre-Bernard. Il est situé derrière l’école La Vérendrye et est délimité par la rue de Teck, l’avenue Pierre-Bernard, la rue French et la rue Mousseau.

Pierre-Tétreault (rue); également Parc Pierre-Tétreault

Date de désignation : 21 juin 1962 pour la rue et 30 septembre pour le parc

Autre nom : Azilda

Tracé : de Notre-Dame jusqu’à la rue Thibodeau; de cette rue jusqu’à l’Autoroute 40, avenue Azilda, soit le nom que la rue portait auparavant

Origine : Pierre Tétreault, fondateur de Tétreaultville, avait baptisé cette rue du nom de sa femme, Azilda Brassard. En 1962, la ville de Montréal décide de changer le nom de la rue Azilda puisqu’aucun élément de toponymie n’existait à Montréal pour souligner la mémoire de Pierre Tétreault.

Pierre Tétreault (1858-1922) est né à Saint-Césaire, de François Tétreault et de Julie Roy, le 22 mars 1858. Au début des années 1870, la famille déménage à Hochelaga. C’est à La Nativité qu’à 17 ans, il épouse Azilda Brassard le 28 février 1876. Un fils, Pierre, naît l’année suivante. Puis, Pierre Tétreault, comme des milliers de Québécois, tente sa chance aux États-Unis. Au recensement de 1880, il est établi à Butte City dans le Montana. Six enfants naîtront aux États-Unis. On le dit menuisier. Malheureusement, comme le recensement américain de 1890 est détruit, nous ne pouvons rien trouver d’autre sur lui. Aux dires de la famille, Pierre Tétreault aurait fait de la prospection minière et se serait enrichi en découvrant une mine de zinc. Toujours est-il qu’au début des années 1890, il est de retour au Québec avec une immense fortune. Il achète comptant pour la somme de 26 000$, les deux lots #399 et #400 de la famille Archambault. En 1904, il dépose un plan de lotissement au Bureau d’enregistrement provincial. Ces deux terres à vocation agricole seront divisées en plus de 4 000 lots. Pierre Tétreault veut amener le tramway sur ses terres. C’est ainsi qu’en juillet 1905, une nouvelle ligne de tramway de Montreal Terminal Railway est inaugurée. Le tramway quitte la voie ferrée pour emprunter le boulevard St-Antoine (aujourd’hui Des Ormeaux) jusqu’à l’actuelle rue de Grosbois. Pierre Tétreault fait également aménager un parc au bout de ses terres. C’est l’actuel parc Thomas-Chapais. Il fait construire un chalet qui sert de salle de danse et d’abri en cas de pluie. Il donne également les terrains nécessaires pour faire construire l’église Sainte-Claire, inaugurée en 1907. Il sera un des trois premiers marguillers.

Il s’associe à Guillaume Willens de la Municipal Homes and Investment Corporation qui possède le lot #398 pour former la ville de Tétreaultville le 14 juillet 1907. La ville aura une courte existence puisqu’elle est annexée à Montréal en même temps que Longue Pointe et Beaurivage le 4 mars 1910. Bien qu’impliqué dans la formation de Tétreaultville, Pierre Tétreaultville n’en sera jamais maire ou conseiller. Il préfère mettre ses terres en valeur en tant que président de la Montreal Improvement Co. Ltd, succursale de Tétreaultville. Dans les journaux commerciaux de l’époque, on trouve de nombreuses transactions immobilières impliquant Pierre Tétreault.

Pierre Tétreault investit également dans le secteur minier. Il se porte acquéreur de lots miniers à Notre-Dame de Montauban. Avec ses trois frères, il exploita un gisement à forte teneur en plomb et zinc. Après sa mort, la succession continuera l’exploitation.

Azilda Brassard étant décédée en 1915, il épouse en secondes noces, Julie Thérèse Duquemin, le 26 septembre 1916 à Sainte-Claire. Pierre Tétreault meurt le 14 mai 1922 et est inhumé au Repos Saint-François d’Assise. Assez curieusement, la famille n’a fait ériger aucune pierre tombale pour marquer le site. Le 29 mars 1933, en difficultés financières, la succession fait adopter un bill privé pour obtenir des pouvoirs d’emprunt sur les actifs.

Avec sa femme et ses nombreux enfants, il habitait une immense résidence surnommé le Château Tétreault, au 4 300, rue Notre-Dame Est. Cette maison devint plus tard le Manoir Edgewater.

Le Parc Pierre-Tétreault fait le quadrilatère Des Ormeaux, Notre-Dame, Baldwin et Bellerive, à l’endroit où le Château Pierre-Tétreault était aménagé.

Rougement (avenue); Parc

Date de désignation : 12 décembre1962 pour l’avenue et 22 décembre 1962pour le parc

Ancien nom : aucun

Tracé : de la rue Bossuet au sud de Notre-Dame où elle fait un crochet vers le nord jusqu’à Lafontaine; reprend à Ontario de l’autre côté du parc Rougemont jusqu’à l’avenue Dubuisson

Origine : Philippe Rougemont (1517-1536) est un jeune marin, membre de la seconde expédition de Jacques Cartier (1535-1536). Il fait donc partie des premiers Français qui passèrent l’hiver au Canada. Plusieurs des hommes d’équipage de Cartier furent atteints du scorbut lors du séjour de Cartier à Stadacona (Québec) durant l’hiver 1535-36. Entre le 14 décembre 1535 et le 15 avril 1536, 25 des 110 membres de l’expédition de Cartier moururent de cette maladie. Philippe Rougemont est le seul nommé par Cartier dans son Bref récit et succinte narration. On autopsia le corps de Rougemont pour en découvrir la cause, mais sans succès.

Le scorbut est une maladie causée par une carence en vitamine C et qui se caractérise dans sa forme grave par le déchaussement des dents, la purulence des gencives, des saignements, puis la mort. Cartier raconte dans son récit que les hommes malades du scorbut furent guéris par le chef Donnaconna qui leur donna une recette de tisane à base d’anneda (thuya blanc).

Le Parc Rougemont est délimité par les rues Lafontaine, Bossuet, Ontario et le derrière des bâtiments de la rue Dickson.

Roux (rue)

Date de désignation : 23 novembre 1950

Ancien nom : aucun

Tracé : la partie est va de Liébert à Cirier et la partie ouest d’Honoré-Beaugrand à Lepailleur

Origine : Jean-Henri-Auguste Roux (1760-1831) est un Sulpicien qui sera vicaire général en 1797 puis supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréal de 1798 jusqu’à sa mort. Rappelons que les Sulpiciens jouent un rôle important dans l’histoire de Montréal. Ils seront d’abord les seigneurs de toute l’île de Montréal de 1663 à 1854, année de l’abolition du régime seigneurial. C’est eux qui commenceront à concéder des terres à la Côte St-François en 1665-1666. Au livre terrier des Sulpiciens, les terres de St-François portent les numéros 995 à 1002, puis 1240 à 1269. Ils sont aussi responsables de la paroisse Notre-Dame.

La rue Roux fait partie du développement résidentiel du Village Champlain dont le promoteur était la S.D. Miller & Sons. C’est également cette entreprise qui fait construire le Centre d’achats Champlain en 1953-54 avec le supermarché Steinberg’s comme commerce phare.

Sabatier (rue)

Date de désignation : 15 novembre 1955

Ancien nom : aucun

Tracé : de Place Arthur-Buies à Tellier, une rue à l’ouest de Liébert

Origine : Charles-Désiré Wugk dit Charles Sabatier est un pianiste, organiste et compositeur (1819-1862). Il naît en France d’un père originaire de Saxe en Allemagne. Il étudie au Conservatoire de Paris. Il pourrait avoir émigré au Québec vers 1848. On le retrouve d’abord à Québec où il donne des récitals de piano et où il touche l’orge de certaines églises. Il est ensuite organiste à St-Jean-Chrysostome près de Lévis. Après avoir enseigné au couvent de Chambly, on le retrouve à Montréal. Il fonde, avec deux collègues le journal L’Artiste, dont ne paraîtront que deux numéros en mai 1860.

Il est célèbre au Québec pour avoir d’abord composé et exécuté une cantate en l’honneur de la visite du Prince de Galles à Montréal en août 1860. Il est aussi le compositeur du chant patriotique Le Drapeau de Carillon sur un poème d’Octave Crémazie. Il meurt en 1862 d’une congestion cérébrale.

Saint-Donat (rue); avenue à Anjou; également parc

Date de désignation : 1912 pour la rue et 20 juin 1963 pour le parc

Tracé : de Notre-Dame à Dubuisson et de l’avenue Souligny à De Grosbois aux limites de ville d’Anjou

Origine : en 1912, Donat et Hormidas Lapointe, fils d’Hormidas, père, deviennent propriétaires de la partie nord du lot #396. Ils font tracer trois rues nord-sud : le boulevard Lapointe et les rues Saint-Émile et Saint-Donat. La rue Saint-Donat invoque le saint patron de Donat Lapointe, un des propriétaires du lot.

Le nom de Saint-Donat a été donné à la paroisse de Saint-Donat, fondée en 1955, et dont l’église se trouve sur la rue de Marseille. On trouve également l’école Saint-Donat sur la rue Desaultels et son annexe sur la rue Arcand.

Le parc Saint-Donat se situe de l’avenue Pierre-de-Coubertin au sud à la rue de Marseille au nord et de la rue Arcand à l’est jusqu’à la rue Parkville à l’ouest.

Saint-Émile (rue)

Date de désignation : 1914 (plutôt vers 1912)

Tracé : de l’avenue Souligny à la rue Sherbrooke

Origine : en 1912, les frères Donat et Hormidas Lapointe, fils, déposent un plan de lotissement et font tracer trois rues : le boulevard Lapointe et les rue Saint-Donat et Saint-Émile. La rue est cédée le 1er février 1913 à la ville de Montréal. Elle semble porter le nom d’Émile au début jusqu’en 1923. Cette rue rappellerait le saint patron d’Émile (1908-1973), fils d’Hormidas Lapointe, un des promoteurs de cet ensemble de rues.

Sainte-Claire (rue); parc

Date de désignation : 11 décembre 1939 pour la rue et 13 novembre 1930 pour le parc

Ancien nom : Oliva, Mousseau, Langemarck

Tracé : de George-V jusqu’à la rue Aubry, de Joseph-Nolin jusqu’à Liébert et de l’autre côté du parc Liébert, de Cirier jusqu’à Curatteau

Origine : tire son nom de la paroisse de Sainte-Claire de Tétreaultville, fondée en 1906. La patronne de la paroisse est Claire Offreducci (1193-1253), fondatrice de l’Ordre des Clarisses. La première église est bénie le 17 novembre 1907. Elle était située sur la rue De Rocheblave (aujourd’hui Mousseau) entre Dorchester (Hochelaga et Boyce (Pierre-de-Coubertin). En 1922, la création de la paroisse Saint-Bernard, plus au sud, force la paroisse à déplacer l’église. La deuxième église se trouve sur la rue Langemarck (Sainte-Claire), entre Azilda (Pierre-Tétreault) et Baldwin. Elle est bénie en octobre 1925.

Le parc Sainte-Claire donne sur Pierre-de-Coubertin, entre l’avenue mercier et l’avenue Lebrun. Il existe également une école Sainte-Claire de la CSDM au 8 500, rue Sainte-Claire.

Taillon (rue); également Parc L.-O.-Taillon

Désignation : 4 novembre 1914 pour la rue et 15 décembre 1953 pour le parc

Autre nom : 2e avenue

Origine : Louis-Olivier Taillon est surtout connu comme premier ministre pendant quatre jours en 1887 puis de 1892 à 1896. Conservateur, il sera un adversaire acharné d’Honoré Mercier, à la tête du Parti national, formé après le tollé causé par la pendaison de Louis Riel en novembre 1885. Surfant sur cette vague, Mercier est élu en 1887. Quatre ans plus tard, Honoré Mercier est démis de ses fonctions parce que des membres de son parti sont impliqués dans le scandale ferroviaire de la Baie des Chaleurs. Taillon sera ensuite ministre sans portefeuille puis premier ministre de nouveau en 1892. Il sera le dernier ministre conservateur avant le long règne des Libéraux de 1896 à 1936.

Les avenues Bernard et Desmarteau de même que les 1ère et 2e avenue faisaient partie de la Terrasse Bernard, projet immobilier des frères Pierre et Bernard Bernard. Vers 1907, Bernard Bernard désignent les deux rues à l’est comme la 1ère et la 2e avenue. Le 4 novembre 1914, la ville de Montréal change le nom des deux rues pour Paul-Pau et Taillon.

Au bout de la rue Taillon, Montréal crée le parc L.-O.-Taillon en 1953, puis installe la piscine Taillon dans ce parc en 1957. C’était la seule piscine extérieure de cette partie de Mercier Est. Elle est complètement rénovée puis rebaptisée Paul-Émile-Sauvageau en 2012.

Tellier (rue)

Date de désignation : inconnue, mais sûrement avant 1914 (présente sur l’Atlas de Goad)

Ancien nom : Lagauchetière, Vaudreuil

Origine : cette rue portait le nom de Lagauchetière dans le développement de Tétreaultville.

Joseph-Mathias Tellier (1861-1952) est admis au Barreau du Québec en 1884 et pratiquera sa profession à Joliette dont il sera le maire de 1903 à 1910. En politique, il est conservateur et sera député de Joliette de 1897 à 1916. De mars 1909 à février 1915, il sera le chef du parti conservateur et chef de l’opposition. Il abandonne ce poste et sera remplacé par Philémon Cousineau. En 1916, il quitte la politique active.

Tellier sera vite nommé juge à la Cour supérieure en 1916, puis juge à la Cour du banc du roi en 1920. Il devient juge en chef de la province de Québec de 1932 à 1942.

Tellier est décédé en 1952, à l’âge de 92 ans.

Triest (rue)

Date de désignation : 5 novembre 1952

Ancien nom : aucun

Tracé : de de Bruxelles à Lepailleur

Origine : fait partie d’un nombre de rues du Village Champlain nommées le 5 novembre 1952. Ce toponyme rappelle le chanoine Pierre-Joseph Triest (1760-1836), fondateur en 1807 de la Communauté des Frères de la Charité dont la mission est la rééducation et la protection des garçons. Dans Longue-Pointe, cette communauté s’installe et inaugure en 1884, l’Asile-St-Benoît-Joseph-Labre pour le soin des aliénés et des épileptiques. Cette institution deviendra la Retraite St-Benoît en 1923, puis l’Hôpital St-Benoît en 1964, puis finalement le Centre Pierre-Joseph-Triest. Cet établissement est la proie des flammes le 27 janvier 1990 et sera démoli par la suite. C’est à l’Asile St-Benoît-Joseph-Labre que le poète Émile Nelligan est interné de 1899 à 1925 avant qu’il ne soit transféré à St-Jean-de-Dieu.

L’autre œuvre d’importance des Frères de la Charité dans Mercier est le Mont-Saint-Antoine. En 1867, les Frères de la Charité se voient confier la tâche de venir en aide aux jeunes délinquants. Leur première école de réforme était située sur l’ancienne rue de Montigny. En 1832, l’école est transférée sur la rue Sherbrooke à Longue-Pointe et devient le Mont-Saint-Antoine. Sur la ferme qu’ils possèdent à Longue-Pointe, les Frères produisent toute la nourriture nécessaire. Les Frères de la Charité travailleront au Mont-Saint-Antoine jusqu’en 1964, moment où l’institution passe au secteur public.

 

 

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