Les rues de Maisonneuve

Nous verrons dans cette section la toponymie des rues de Maisonneuve. Nous commencerons par les rues nord-sud qui portent des noms relatifs à des personnages du quartier. Le nom des rues est-ouest n’est souvent que le prolongement des rues de la ville de Montréal avant l’annexion de Maisonneuve en 1918.

Chroniqueur: André Cousineau

Aird (avenue)

Désignation : 29 août 1899

Ancien nom : aucun

Tracé : du tourne-bride jusqu’à Pierre-de-Coubertin (anciennement Boyce)

Origine : en 1899, William Bennett, cultivateur et conseiller municipal (1885-1894), cède une seconde partie de ses terres pour y tracer une troisième rue. Elle portera le nom d’avenue Aird, en l’honneur d’Elizabeth Aird que William Bennett épouse le 22 août 1852. Les premières rues tracées en 1896 portaient les noms d’avenue Bennett et d’avenue William-David.

Beauchamp (ruelle)

Date de désignation : 26 août 1954

Ancien nom : aucun

Tracé : ruelle  entre les rues Letourneux et LaSalle de Lafontaine à Boulianne

Origine : cette ruelle existait du temps de Maisonneuve. La Commission de toponymie de Montréal ne possède pas de documents en justifiant l’appellation. Il pourrait fort probablement s’agir de Jean-Joseph Beauchamp, premier secrétaire-trésorier de Maisonneuve de 1884 à 1888. Jean-Joseph Beauchamp (1852-1923) était avocat. Il est aussi connu, parmi les avocats et étudiants en droit, pour son immense Répertoire général de la jurisprudence canadienne en 4 volumes, publiés en 1914 par la maison Wilson & Lafleur. Ce répertoire couvre la période 1770 à 1913.

Il pourrait s’agir aussi de Joseph Beauchamp, membre du conseil de ville de Maisonneuve en 1884 et 1885.

Bennett (avenue)

Désignation : 2 septembre 1896

Tracé : du sud de Sainte-Catherine jusqu’à Pierre-de-Coubertin (anciennement Boyce)

Ancien nom : aucun

Origine : rappelle la mémoire de William Bennett (1813?-1905). William Bennett est d’origine irlandaise. Selon le recensement de 1901, il serait né le 25 décembre 1813 et aurait émigré au Canada en 1851. Le 22 août 1852, il épouse Elizabeth Aird, d’origine écossaise, mais née au Québec William Bennett décide de s’établir à Hochelaga où il devient propriétaire des lots #3 et #4. Il est un fermier prospère et l’un des propriétaires fonciers qui souhaitent se détacher d’Hochelaga en 1883 pour former la ville de Maisonneuve. Comme d’autres promoteurs, il décide de faire partie du conseil pour mieux influencer ses décisions. Il sera conseiller sans interruption de 1885 à 1894, soit la plus longue séquence sans interruption de l’histoire de Maisonneuve. Son fils Percy le sera également de 1903 à 1905 et de 1909 à 1911 avec l’équipe Michaud-Dufresne.

En 1896, il cède à la ville de Maisonneuve une partie de ses lots pour y tracer des rues. Le 2 septembre de la même année, la ville désigne deux rues, l’avenue Bennett et l’avenue William-David en l’honneur d’un des fils de Bennett. Trois ans plus tard, Bennett cède une autre partie pour qu’on y trace une troisième rue, cette fois-ci rue qu’on nommera Aird en l’honneur de la femme de Bennett, Elizabeth Aird (1832-1911). Les efforts de lotissement porteront sur la partie des lots au sud d’Adam. Il y aura peu de résidences construites entre Adam et Ontario tandis qu’après la mort de Bennett, la succession vendra des terrains à des compagnies qui viendront s’établir à Maisonneuve. Notons la George A. Slater Ltd (chaussures), la Warden King (fonderie) et la United Shoe Machinery (machines pour l’industrie de la chaussure), toutes situées au nord d’Ontario comme le voulait la politique de la ville.

L’avenue Bennett délimitait la partie ouest du stade du National (aujourd’hui le parc Ovila-Pelletier), au nord d’Ontario. Mentionnons également qu’il existe une ruelle verte William-Bennett entre Adam et Lafontaine. Il existe également un parc de Rouen-Bennett au nord du Marché Maisonneuve.

De La Salle (avenue)

Date de désignation : 1er avril 1885

Ancien nom : avenue Charles-Henri

Tracé : du sud de Notre-Dame jusqu’à Notre-Dame, puis du tourne-bride au sud de Sainte-Catherine jusqu’à Sherbrooke

Origine : le nom de cette rue veut rendre hommage à Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719), fondateur en 1680 de la communauté des Frères des écoles chrétiennes. Cette communauté s’installe au Québec dans les années 1840 à l’instigation de Mgr Bourget. En 1887, la communauté installe sa maison-mère et son noviciat au bout de la rue De La Salle, seule rue de Maisonneuve qui se rendait jusqu’à la rue Sherbrooke. La maison-mère se situait à l’emplacement de l’actuel Jardin botanique.

Ce sont les Frères des Écoles chrétiennes qui enseignaient aux garçons dans l’école de la paroisse Très-Saint-Nom-de-Jésus, l’école Jésus-Marie/De-la-Salle, située au début dans le soubassement de la chapelle de Maisonneuve

Pour rappeler le toponyme De La Salle, on trouve également la paroisse St-Jean-Baptiste-de-La-Salle, troisième paroisse de Maisonneuve, fondée en 1913 et située à l’angle du boulevard Pie-IX et de la rue Hochelaga.

Desjardins (avenue)

Date de désignation : 1 octobre 1890

Autre nom : aucun

Tracé : du sud de Sainte-Catherine jusqu’à la rue Pierre-de-Coubertin (à l’époque, rue Boyce); à l’origine la rue partait de Notre-Dame; une partie de la rue a été effacée par l’aménagement d’un talus sur le côté nord de la rue Notre-Dame.

Origine : souligne la mémoire d’Alphonse Desjardins (1841-1912) qu’il ne faut pas confondre avec l’Alphonse Desjardins des Caisses populaires. Avocat, journaliste, politicien, hommes d’affaires, promoteur foncier, Alphonse Desjardins marquera de son sceau l’histoire de Maisonneuve. Il est en tête de liste des signataires de la requête au lieutenant-gouverneur en date du 12 décembre 1883 pour détacher la partie est du territoire d’Hochelaga et créer une nouvelle ville qui portera le nom de Maisonneuve. La requête est agréée et la ville est officiellement créée le 27 décembre 1883.

Alphonse Desjardins est propriétaire de la Montreal Terra Cotta Lumber Co., une tuilerie qui se trouvait au pied du côteau Sherbrooke (aujourd’hui le métro Pie-IX est). Fondée en 1887, elle obtiendra en 1888 une exemption de taxes pour vingt ans.

Il est à la tête d’un groupe familial qui possède l’immense lot #14 de Maisonneuve. Ce lot comprend la partie est de la rue Jeanne-d’Arc et les rues Pie-IX et Desjardins, du fleuve jusqu’aux limites nord de Maisonneuve. Il est divisé majoritairement en parcelles destinées à la construction résidentielle. Cependant, plusieurs industries s’installeront sur ce lot en commençant par la St. Lawrence Sugar, la Watson, Foster & Co. (tapisserie), la Dufresne & Locke (chaussures), l’American Can (boîtes de conserve), la National Licorice (confiserie), la Gilmour Bros (confiserie), Bell Telephone et une manufacture de portes et boîtes de bois. Desjardins donnera le terrain nécessaire à la construction de l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus. Seront construits également sur cette terre, l’Hôtel de ville de Maisonneuve, la St. Cyprian Church, l’Hospice de la Providence.

La famille Desjardins est représentée au conseil municipal par le fils d’Alphonse, Hubert Desjardins, qui sera maire de 1894 à 1896 et de 1897 à 1901 puis conseiller jusqu’en 1904. Le gendre de Desjardins, L.J.S. Morin, sera l’avocat de la ville pendant plusieurs années.

Alphonse Desjardins est un représentant de la moyenne bourgeoisie québécoise dont l’influence se limitera à la province. Il est le dernier président de la Banque Jacques-Cartier de 1880 à 1899, année où elle ferme ses portes pour renaître sous le nom de Banque Provinciale en 1900. Il présidera plusieurs sociétés de crédit ou compagnies d’assurance. En 1899, il est élu président de la Chambre de Commerce du district de Montréal.

Sur le plan politique, il sera député conservateur du vaste comté d’Hochelaga couvrant toutes les villes et villages de l’Est de l’île de Montréal de 1878 à 1892. Il entre ensuite au sénat en plus d’être ministre dans les cabinets de Bowell et de Tupper. Il se représente en 1896, mais subit la défaite devant la vague libérale de Laurier. Tout en étant sénateur, il sera maire de Montréal de 1893 à 1894.

Au début de sa carrière, il pratique le droit quelques années avant de se lancer dans le journalisme. Il dirige le journal Le Nouveau Monde qui propage des idées ultramontaines comme la préséance de la religion sur la politique.

Alphonse Desjardins s’est marié deux fois : d’abord avec Virginie Paré, fille d’un riche marchand de Montréal, puis avec Hortense Barsalou, fille de Joseph Barsalou, principal instigateur de la création de la ville de Maisonneuve et premier maire en 1884.

d’Orléans (avenue)

Date de désignation : 26 mai 1888

Ancien nom : aucun

Tracé : de Notre-Dame jusqu’au boulevard Rosemont

Origine : la plus ancienne partie de cette rue, tout juste au nord de Notre-Dame, est cédée à la ville de Maisonneuve par Joseph Gaudry dit Bourbonnière., descendant d’une des plus anciennes familles de Maisonneuve. C’est ce qu’on peut voir sur l’Atlas de 1890. Elle est lotie plus tard après qu’Isaïe Préfontaine se soit porté acquéreur de la majeure partie de la terre au nord de la rue Sainte-Catherine.

Cette rue, comme la rue voisine Jeanne d’Arc, rappelle l’épopée de Jeanne d’Arc surnommée la Pucelle d’Orléans. Durant la guerre de Cent Ans, avec l’aide du roi, elle lève une armée et réussit à libérer la ville d’Orléans, occupée par les Anglais. Le siège d’Orléans se tient en 1428-29 et la ville est finalement libérée le 29 avril 1429.

Fafard (rue)

Date de désignation : 21 juin 1962

Ancien nom : ruelle Fafard

Tracé : petite rue de Sainte-Catherine à Larivée

Origine : en l’honneur de Joseph Q. Fafard, tailleur, dont la boutique était sur l’avenue De LaSalle, et qui fut également conseiller de l’ancienne ville de Maisonneuve.

Gaboury (rue)

Date de désignation : 6 juin 1960

Ancien nom : aucun

Tracé : du tourne-bride au sud de Notre-Dame jusqu’à la rue Larivée

Origine : Marie-Anne Gaboury (1780-1874) est considérée comme étant la première canadienne d’origine européenne à voyager et à habiter dans l’Ouest canadien. Née en 1780 à Maskinongé, elle épouse en 1806, Jean-Baptiste Lagimodière, coureur des bois pour la Compagnie de la Baie d’Hudson. Dès son mariage, elle accompagne son mari dans un voyage vers l’Ouest. Elle donna naissance à 10 enfants dans trois provinces canadiennes (Manitoba, Saskatchewan et Alberta) et un État américain (Dakota du Nord). Son arrivée dans l’Ouest coincide avec la rivalité intense entre les deux compagnies de fourrures de l’Ouest : la Compagnie de la Baie d’Hudson et celle du Nord-Ouest. Celles-ci finiront par fusionner en 1821. Elle vécut dans des conditions difficiles dans un territoire peuplé d’Amérindiens des plaines et de Métis.

Marie-Anne Gaboury est aussi la grand-mère de Louis Riel. Elle meurt quelques années après la fondation du Manitoba et la première révolte des Métis, menée par son petit-fils

Une rue d’Edmonton porte également son nom. Un campus de l’Université d’Alberta est établi sur la rue en question.

Guimond (rue)

Date de désignation : 4 février 1919

Ancien nom: aucun

Tracé : de l’avenue De La Salle jusqu’à l’est de Letourneux

Origine : au moment de la désignation de la rue, Adolphe Guimond possédait une propriété sur cette voie

Jeanne-d’Arc (avenue)

Date de désignation : 26 mai 1934; existe déjà sur l’atlas de 1890

Ancien nom : aucun

Tracé : du sud de Sainte-Catherine jusqu’à Bellechasse dans l’arrondissement Rosemont/Petite-Patrie

Origine : le côté est de cette rue appartenait à Alphonse Desjardins. Elle est très rapidement tracée au début de l’existence de Maisonneuve. Dans l’Atlas de 1890, elle se rend jusqu’aux limites nord de la ville.

Cette rue rappelle évidemment Jeanne d’Arc, paysanne française née à Domrémy en 1412 qu’on surnommera «la Pucelle d’Orléans». Elle prétend avoir entendu des voix lui confiant la mission de libérer la France de l’occupation anglaise. Rappelons que nous sommes en pleine guerre de Cent Ans et que la France est divisée en deux. Les Anglais, alliés de la famille des Bourguignons, occupent la partie nord tandis que le roi Charles VII et les Armagnacs contrôlent l’autre partie. Jeanne d’Arc parvient à rencontrer le roi et l’amener à Reims pour le sacre, à libérer Orléans du siège des Anglais et contribue à renverser le cours de la guerre de Cent Ans. Elle est malheureusement capturée par les Bourguignons à Compiègne en 1430. Ceux-ci la vendent aux Anglais. En 1431, elle est condamnée à être brulée vive dans un procès entaché d’irrégularités conduit par l’évêque Pierre Cauchon. Un second procès en 1455 l’innocente complètement. Elle est canonisée en 1920.

Dans le quartier, le nom de Sainte Jeanne d’Arc sera donné à une nouvelle paroisse, érigée en 1920 au moment où Jeanne d’Arc venait d’être canonisée. Les registres s’ouvrent en 1922. Elle est située au 2195, rue Chambly. Au moins deux écoles ont porté le nom de Jeanne-d’Arc. La première est sur la rue Jeanne-d’Arc, au sud de Lafontaine. Elle ouvre en 1913. En 1931, l’école Jeanne-d’Arc devient l’école de la Dauversière et l’Académie Laurier, à côté de l’église, devient l’école Ste-Jeanne-d’Arc.

Larivée (ruelle)

Date de désignation : 9 avril 1910

Ancien nom : aucun

Tracé : ruelle entre Letourneux et Lasalle, au sud de la rue Adam

Origine : la ruelle est nommée en l’honneur de Wilbrode Larivée. Celui-ci est un charretier qui, au début des années 1900, vit au 529, rue Notre-Dame à Maisonneuve, dans la première maison tout juste à l’ouest de la terre des Morgan. En août 1903, il obtient un permis de construction pour les numéros civiques actuels du 1447-1451. L’année 1903 est inscrite sur la pierre tout juste en bas de la corniche. Larivée vendra cette maison en janvier 1914, à Arthur Sicar, le futur inventeur des souffleuses à neige. Larivée possédait également le terrain derrière celui-ci avec façade sur Létourneux. En avril 1904, il obtient un permis de construction pour le 1458-1468, avenue Letourneux. C’est au 1462, que Mary Travers, Madame Bolduc, vivra ses dernières années avant de mourir le 20 février 1941.

C’est à la demande expresse de Wilbrode Larivée que le conseil de Maisonneuve accepte en avril 1910 de nommer cette ruelle à son nom puisqu’il possède les deux terrains adjacents ci-haut mentionnés.

Leclaire (rue)

Date de désignation : 23 mai 1922

Ancien nom : 4e avenue

Tracé : du sud de Sainte-Catherine jusqu’à la rue Sherbrooke; à l’origine la rue partait de Notre-Dame; une partie de la rue a été effacée par l’aménagement d’un talus sur le côté nord de la rue Notre-Dame.

Origine : Alfred Leclaire était un entrepreneur en construction de Viauville, très actif au début du XXe siècle. On peut retrouver de ses maisons sur les rues Théodore et Leclaire entre Lafontaine et Rouen. Il se construisit deux maisons au 4730-4742, angle Adam et Leclaire en 1922, maisons qui existent toujours. En difficultés financières au début de 1929, il vend ses deux maisons à un de ses emprunteurs, le notaire Romulus Lavallée, pour la somme de 1$ afin d’éviter la faillite.

Rappelons que cinq avenues furent tracées par Charles-Théodore Viau sur son immense propriété en 1897-98. Les rues correspondent aux rues Sicard, Leclaire, Théodore, St-Clément et Viau.

Letourneux (avenue)

Date de désignation : 1er octobre 1890

Ancien nom : avenue Lecours

Tracé : du nord de la voie ferrée du port de Montréal jusqu’à Notre-Dame et du tourne-bride jusqu’à Pierre-de-Coubertin

Origine : rappelle la mémoire de Charles-Henri Létourneux, qui avec son frère Jean-Théophile, possédait la terre sur laquelle cette rue est tracée. En 1873, avant la création de la ville de Maisonneuve, les frères Letourneux, Olvier Lecours, marchand, Michael Boyce, épicier, Henri Girard, épicier, et Gustave Deschamps, quincailler, vont acheter les lots #8 et #9 de la succession Gaudry dit Bourbonnièere, une des familles fondatrices de la Côte St-Martin, à l’origine de Maisonneuve. En 1884, lors du premier rôle d’évaluation, les frères Letourneux possèdent le lot #8 d’une valeur de 27 455$. La valeur marchande est cependant beaucoup plus élevée. La rue Letourneux deviendra rapidement une des rues principales de la première phase du développement de Maisonneuve. C’est à l’angle de cette rue et de Notre-Dame que la ville de Maisonneuve construira son premier hôtel de ville. Après l’inauguration du nouvel hôtel de ville en 1912, la ville décidera d’y construire la caserne #2 inaugurée en 1915. Cet édifice existe toujours et sert maintenant de centre d’entraînement de l’Impact de Montréal.

À partir de 1859, Charles-Henri Letourneux travaille dans l’entreprise Benoit & Letourneux, grossiste et détaillant en quincaillerie, commerce de la rue St-Paul. Quelques années plus tard, il fonde avec son frère Jean-Théophile, la maison Letourneux & Co qui se spécialise dans l’importation et le commerce de gros d’articles de quincaillerie. Les frères Letourneux vont ensuite se spécialiser dans un domaine particulier : Charles-Henri toujours dans la quincaillerie tandis que son frère ouvre un commerce d’huiles, vernis, peintures, vitres, etc. Les deux commerces sont situés côte à côte sur la rue St-Paul. Pour s’assurer d’un approvisionnement certain, C.H. Letourneux fonde avec d’autres marchands, la Compagnie candienne d’importation des métaux dont il deviendra le premier président. En 1889, l’entreprise de C.H. Letourneux devient une compagnie à fonds social avec un capital de 100 000$. Elle portera le nom de Letourneux, Fils et Compagnie. C.H. Letourneux en devient le président et un de ses fils, le vice-président.

Charles-Henri Letourneux meurt le 27 mai 1906 et il est inhumé au Cimetière Côte-des-Neiges le 30 du même mois. Il avait épousé Flavie Lenoir dite Rolland.

De 1934 à 1938, Mary Travers (Mme Bolduc) aménage au 1462, avenue Létourneux. Après un court séjour sur la rue Panet, elle passera la dernière année de sa vie au 529 de la même avenue. Elle avait été traitée à l’Institut du Radium, aujourd’hui la Bibliothèque de Maisonneuve. Le chanteur Fernand Gignac aménage également sur cette rue au 2272, en 1934, à l’âge de 5 ans.

Pierre-Émond (rue)

Date de désignation: 21 juin 1962

Ancien nom: aucun

Tracé: petite rue, au sud d’Adam entre Bennett et Wiliam-David

Origine: Pierre Hémond était marchand et manufacturier de chaussures dont l’entreprise était située sur la rue St-Paul. Il a habité à Maisonneuve durant les premières années de l’existence de la ville.

Théodore (rue); également le Parc Théodore

Date de désignation : 23 mai 1922 pour la rue et 25 mars 1992 pour le parc

Autre nom : 3e avenue

Tracé : du sud de Sainte-Catherine jusqu’à la rue Pierre-de-Coubertin (à l’époque, rue Boyce); à l’origine la rue partait de Notre-Dame; une partie de la rue a été effacée par l’aménagement d’un talus sur le côté nord de la rue Notre-Dame.

Origine : rappelle la mémoire de Charles-Théodore Viau (1843-1898), propriétaire foncier et industriel dont l’empreinte a marqué le paysage de Viauville, partie est de Maisonneuve.

Charles-Théodore Viau n’est pas un des fondateurs de Maisonneuve en 1883, mais dès 1886, il se porte acquéreur de trois immenses lots de la succession Bruyère portant les numéros #1, #1A et 2. Cette partie de Maisonneuve sera connue rapidement sous le nom de Viauville. Entre 1897 et 1898, il y fait dresser cinq rues qui porteront des noms d’avenues de 1 à 5. Les cinq avenues (à partir de l’est vers l’ouest, les actuelles rues Viau, Saint-Clément, Théodore, Leclaire et Sicard) seront loties et une population de cols blancs, de professionnels et de travailleurs spécialisés s’y installe. La cause en est sûrement le prix des maisons, plus chères à cause d’une exigence de Charles-Théodore Viau : il insistait pour que toutes les maisons construites sur son territoire aient une façade en pierres grises et soit à 10 pieds du trottoir.

En 1898, Charles-Théodore Viau donna le terrain nécessaire pour la construction de l’église et du presbytère Saint-Clément-de-Viauville. Viau rêvait de détacher Viauville de Maisonneuve pour en faire une ville autonome, mais son rêve ne se réalisa jamais.

Charles-Théodore Viau est surtout connu pour la biscuiterie qu’il fit construire sur ses terres en 1906, à l’angle des actuelles rues Viau et Ontario. Des générations de Montréalais y travailleront. Les Québécois se souviennent également du populaire biscuit «Whippet», création de Théophile Viau, fils de Charles-Théodore, dont l’origine remonte en 1901.

Rappelons également qu’un fils de Viau portait le nom de Théodore (1876-1946) et qu’il poursuivit l’œuvre de son père.

Le parc Théodore est situé au nord d’Hochelaga, entre les rues Théodore et Viau.

William-David (avenue)

Désignation : 2 septembre 1896

Tracé : du sud de Sainte-Catherine jusqu’au nord d’Ontario, à la limite du parc Ovila-Pelletier et du nouveau Marché Maisonneuve.

Ancien nom : aucun

Origine : le territoire sur lequel est tracée l’avenue William-David faisait partie de l’immense ferme de William Bennett (1813?-1905), cultivateur et conseiller municipal de 1885 à 1894. Celui-ci était propriétaire des lots #3 et #4 du cadastre. En 1896, il cède une partie des lots pour que la ville puisse y tracer des rues. On donne le nom de Bennett à la première et William David à la seconde en l’honneur de William David, fils de William père.